La direction de la police du Land de Thuringe reconnaît des actes illégaux commis lors de la manifestation contre le « Burschentag »

Neuf mois après le « Burschentag » (rassemblement étudiant traditionnel) de 2012, la police de Thuringe a reconnu l'illégalité de son intervention lors du rassemblement inaugural de la contre-manifestation à Eisenach. La direction de la police régionale a adressé un communiqué au tribunal administratif de Meiningen.

Avant même le début de la manifestation, qui devait rassembler environ 400 participants contre la réunion de la Burschenschaft (fraternité étudiante allemande) le 2 juin 2012 à Eisenach, la police a bouclé le site du rassemblement initial sur la place du marché d'Eisenach à l'aide d'agents, de véhicules et de barrières dites « de Hambourg ». Ce dispositif ayant un effet dissuasif et constituant ainsi une violation flagrante du droit fondamental à la liberté de réunion, l'organisateur de la manifestation, alors âgé de 30 ans, a porté plainte le 7 juin 2012 devant le tribunal administratif de Meiningen afin de faire déclarer cette mesure illégale. L'organisateur ne disposait d'aucun fondement juridique valable pour ce bouclage, ni d'aucune évaluation des risques justifiant l'utilisation de barrières. Les manifestants restés à l'extérieur du périmètre bouclé étaient tous pacifiques.

« La tentative de harceler des participants pacifiques à une manifestation enregistrée, dès le début de l'événement, est, à ma connaissance, sans précédent», explique Sven Adam, avocat à Göttingen, présent sur les lieux et représentant l'organisateur, concernant l'importance de la procédure. Le droit constitutionnel de se réunir pacifiquement et sans armes en plein air inclut également le libre accès au rassemblement. Cet accès n'a pas été garanti. La Direction de la police d'État l'a désormais reconnu et, par conséquent, à juste titre, respecte le droit de réunion. « C'est regrettable, mais si une action en justice est le seul moyen de rappeler à certains responsables de la police l'importance du respect de la loi, même dans le contexte chaotique du congrès de la fraternité, nous devrons poursuivre cette démarche et, si nécessaire, recourir à une procédure accélérée pour garantir les droits fondamentaux», conclut M<sup>e</sup> Adam.

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