L'Office de protection de la Constitution de Basse-Saxe a dissimulé, en 2012, plus de six années de surveillance et de collecte de données concernant Andrea Röpke, politologue et journaliste indépendante reconnue pour son expertise sur l'extrême droite. Cette information a été confirmée aujourd'hui à la journaliste par téléphone par la présidente de l'Office, Maren Brandenburger. Selon cette dernière, une déclaration du 18 avril 2012, affirmant que « l'Office de protection de la Constitution de Basse-Saxe […] ne conserve aucun dossier ni aucune information dans des fichiers », est fausse. En réalité, des données concernant la journaliste ont été collectées de 2006 à mars 2012.
Les fausses informations fournies le 18 avril 2012 faisaient suite à une demande de communication de données personnelles, datée du 9 février 2012. « Au moment de cette demande, ma cliente était encore sous surveillance. Le mensonge du 18 avril 2012 visait manifestement à dissimuler six années de surveillance illégale», a déclaré l'avocat Sven Adam. Ce dernier a rédigé la demande au nom du journaliste et étudie également la possibilité d'engager une procédure administrative contre ces fausses informations. Désormais, l'accent sera mis sur la reconstitution complète des données collectées afin d'en évaluer l'étendue et de vérifier la légalité de leur collecte. Ceci est d'autant plus important que les journalistes sont protégés par des droits fondamentaux et tenus au secret professionnel. « Nous exigeons que les données soient communiquées dans le cadre d'une procédure transparente. Le fait que l'Office de protection de la Constitution cherche manifestement à se soustraire délibérément au contrôle judiciaire et démocratique est totalement inacceptable pour une société démocratique », a poursuivi M<sup>e</sup> Adam.
Ce n'est pas la première fois qu'un service de sécurité de Basse-Saxe nie collecter des données sur des journalistes. Sous la direction de Robert Kruse, ancien vice-président de l'Office de Basse-Saxe pour la protection de la Constitution, la police de Göttingen avait initialement informé Kai Budler, rédacteur à la radio locale et spécialiste de l'extrême droite, en 2011, qu'aucune donnée ne le concernant n'était enregistrée. Par la suite, la direction de la police a reconnu que cette version était incomplète. Une action en justice contestant cette procédure est pendante devant le tribunal administratif de Göttingen depuis novembre 2011 (dossier n° 1 A 214/11), l'audience étant prévue le 6 novembre 2013.
Pour toute question supplémentaire, veuillez contacter l'avocat Sven Adam.


