Une plainte déposée aujourd'hui devant le tribunal administratif de Göttingen par Kai Budler, rédacteur radio de 45 ans, contre l'Office de protection de la Constitution de Basse-Saxe (VS), remonte à 2011. Cette plainte vise à obtenir la suppression intégrale des données personnelles le concernant, conservées par l'Office de protection de la Constitution de Basse-Saxe. Le tribunal administratif a largement fait droit à la demande du plaignant.
Suite à une demande d'information en 2011, l'Office de protection de la Constitution de Basse-Saxe a informé l'avocat du journaliste qu'il le surveillait depuis des années et détenait des données personnelles le concernant. Selon ces informations, Budler avait notamment travaillé à StadtRadio Göttingen depuis 2000 et participé à des manifestations depuis 2007. D'autres informations le concernant auraient été classées confidentielles en vertu d'une ordonnance de confidentialité et n'auraient été communiquées ni au plaignant ni au tribunal.
Lors de l'audience, le tribunal administratif a clairement indiqué que le travail dans une station de radio et la participation à des manifestations n'avaient aucun lien avec des activités anticonstitutionnelles. Cependant, le service de renseignement intérieur (SRI) n'a pas fourni les preuves nécessaires d'activités anticonstitutionnelles, même lors de l'audience. En conséquence, le tribunal a ordonné au SRI de supprimer de ses fichiers électroniques et de bloquer l'accès aux dossiers papier de toutes les informations transmises au plaignant. La plainte a été rejetée uniquement en ce qui concerne la suppression des documents classifiés, la demande de suppression étant insuffisamment précise à cet égard.
L'avocat du plaignant, Sven Adam, s'est dit satisfait de l'issue de la procédure : « J'espère que ce signal envoyé par la justice sera entendu par la direction de l'Office de protection de la Constitution et le ministère de l'Intérieur de Basse-Saxe, et que cette évolution des mentalités se poursuivra. Car, selon la décision rendue aujourd'hui, la pratique antérieure de cette autorité était manifestement illégale, même dans le cas de Kai Budler. ».
Le tribunal administratif n'a pas admis le recours contre le jugement rendu ce jour. La question de savoir si la procédure devra finalement se poursuivre devant la Cour administrative supérieure de Basse-Saxe à Lüneburg ne pourra être tranchée définitivement qu'après la publication des motifs écrits du jugement.


