Dans le long conflit relatif aux limites des coûts de logement raisonnables pour les bénéficiaires de l'aide sociale dans le district de Werra-Meißner, le centre pour l'emploi et le district ont essuyé plusieurs revers devant le tribunal social de Kassel. La 3e chambre, sous la direction du directeur du tribunal social de Kassel, Vasco Knickrehm, a jugé, dans plusieurs arrêts publiés le 19 février 2018 (affaires n° S 3 AS 580/15, S 3 AS 680/15, S 3 AS 527/16, S 3 AS 45/16 et S 3 AS 102/17), qu'une étude du marché du logement de 2014, produite par le centre pour l'emploi, était non concluante et donc inapplicable. Dans la procédure principale, dont certaines parties sont en cours depuis octobre 2015 et ont été menées de manière approfondie, le tribunal social de Kassel a donc ordonné au centre pour l'emploi Werra-Meißner d'accorder des prestations nettement plus élevées pour les frais de logement dans le cadre du soutien au revenu de base pour les demandeurs d'emploi pour la période du 1er juillet 2015 au 31 juillet 2017 qu'auparavant.
Les plaignants, une mère célibataire de 28 ans et son fils de 7 ans, se sont installés dans le district de Werra-Meißner en 2015, dans un appartement jugé trop cher par le Pôle emploi. Bien que ce dernier n'ait pas pu leur proposer un logement correspondant à ses propres critères de loyer raisonnable, le service des allocations a réduit leurs prestations de 61,89 € par mois, en fonction du coût réel du logement. Le Pôle emploi a justifié cette réduction par une expertise du cabinet Analyse und Konzepte, datée de mars 2014, qui avait fixé les limites du coût raisonnable du logement dans le district de Werra-Meißner sur la base d'enquêtes prétendument valides de 2013. Plusieurs recours contestant la validité de cette expertise sont pendants devant le Tribunal social du Land de Hesse (notamment les affaires n° L 4 AY 11/17 et L 4 SO 171/17).
La 8e chambre du Tribunal social de Kassel avait initialement déclaré définitive l'expertise A+K de mars 2014, conformément à la jurisprudence du Tribunal social fédéral (arrêt du 17 mars 2016, réf. S 8 AS 447/14). Toutefois, la 3e chambre a désormais donné raison aux requérants, qui estimaient que l'expertise définissait incorrectement la zone de comparaison. Pour déterminer le coût raisonnable du logement, le tribunal fonde désormais sa décision sur les valeurs figurant à l'article 12 de la loi relative à l'aide au logement (WoGG), majorées d'une marge de sécurité de 10 % pour le loyer de niveau I, conformément à la jurisprudence du Tribunal social fédéral. En conséquence, le tribunal a ordonné au Pôle emploi de prendre en charge le coût réel du logement, soit un supplément de 61,89 € par mois.
«Les chiffres du rapport de 2014 du cabinet Analyse und Konzept étaient absurdement bas, même à sa publication, et il n'y avait, et il n'y a toujours, quasiment aucun logement locatif dans le quartier de Werra-Meißner aux loyers calculés. Il est plus que satisfaisant que le Tribunal social ait infirmé sa décision précédente et accepté notre analyse du caractère non concluant du rapport», a déclaré l'avocat Sven Adam, représentant les plaignants, se félicitant de l'issue de la procédure. «Il est regrettable que le quartier de Werra-Meißner ait de nouveau chargé Analyse und Konzept de réaliser un nouveau rapport», a-t-il conclu.
La 12e chambre du Tribunal social de Kassel a toutefois adopté cette nouvelle position dans des arrêts datés du 21 mars 2018 et a ordonné au district de Werra-Meißner d'octroyer des allocations logement plus élevées au titre du revenu de base aux personnes à faible revenu et aux personnes âgées (affaires n° S 12 SO 112/16, S 12 SO 168/16 et S 12 SO 139/17). Les motifs de ces arrêts n'ont pas encore été publiés.


