1. Décisions du Tribunal social fédéral sur le revenu de base pour les demandeurs d'emploi (SGB II) et sur l'assistance sociale (SGB XII)
1.1 – BSG, arrêt du 28 novembre 2018 – B 4 AS 46/17 R
Aide sociale – unité de ménage composée d'un bénéficiaire d'allocations pouvant travailler et d'un partenaire en situation d'incapacité de travail permanente et totale
Principe directeur (Éditeur) :
Droit aux prestations Hartz IV lors de la perception d'une pension d'invalidité permanente, s'il existe un ménage avec une personne ayant droit à des prestations en vertu du Code social allemand, Livre II (SGB II).
Source : www.bsg.bund.de
1.2 – BSG, Arrêt du 12.09.2018 – B 14 AS 7/18 R
Décision finale concernant les prestations destinées à assurer la subsistance en vertu du Code social allemand, Livre II (SGB II)
Principe directeur (Éditeur) :
Une décision négative conformément à l'article 41a, paragraphe 3, phrase 4 du Code social allemand, livre II (SGB II), n'a aucun effet matériel et n'empêche pas une correction ultérieure dans le cadre de la procédure d'opposition.
Source : socialcourtsability.de
1.3 – Tribunal social fédéral, arrêt du 5 juillet 2018 (affaire n° : B 8 SO 21/16 R) :
Principe directeur du Dr Manfred Hammel :
Dans le cas d'une décision concernant l'existence d'une contrainte excessive au sens de l'article 94, paragraphe 3, phrase 1, n° 2 du SGB XII, en tant qu'élément du transfert de créances contre une personne tenue à une obligation alimentaire en vertu du droit civil, il existe un différend concernant une norme de droit d'assistance sociale, qui est évaluée selon des critères de droit public.
Les difficultés excessives constituent un obstacle au transfert des créances au prestataire de services sociaux.
Toutefois, la détermination de l’existence d’une difficulté excessive en tant qu’élément (négatif) du transfert de créances est contre-productive si elle ne permet pas à elle seule de résoudre pleinement le différend entre les parties concernées (la personne bénéficiant de l’aide sociale, la personne tenue à l’entretien et le fournisseur d’aide sociale).
La formulation et la structure systématique de l'article 94 du livre XII du Code social allemand (SGB XII) établissent un lien indissociable entre une éventuelle demande d'entretien et l'existence d'un préjudice excessif au sens de l'article 94, paragraphe 3, phrase 1, n° 2 du SGB XII, ce qui empêche une clarification définitive de la relation juridique contestée.
Selon l’article 94, paragraphe 3, phrase 1, n° 2 du Code social allemand, livre XII (SGB XII), la demande de pension alimentaire n’est pas transférée au fournisseur de services sociaux « dans la mesure où » le transfert constituerait une difficulté déraisonnable.
L'examen (final) de l'exclusion d'un transfert de créances exige une évaluation complète de toutes les circonstances du cas individuel, dans laquelle, outre le comportement du bénéficiaire de l'aide sociale envers la personne tenue à l'entretien, en tenant compte des intérêts sociaux, la situation économique et personnelle actuelle de la personne tenue à l'entretien et du bénéficiaire de l'aide sociale doit également être prise en compte de manière décisive.
2. Décisions des tribunaux sociaux d’État concernant le revenu de base pour les demandeurs d’emploi (SGB II)
2.1 – Tribunal social du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, décision du 30 janvier 2019 – L 7 AS 2006/18 B ER – exécutoire
Aide au revenu de base pour les demandeurs d'emploi : exclusion des citoyens de l'UE des prestations ; droit à la libre circulation en tant que membre de la famille comme motif de séjour ; preuve de ressources comme condition préalable au droit de séjour ;
Principe directeur (Note de l'éditeur) :
1. Le demandeur bulgare a droit à l'ALG II (allocation chômage de niveau II), car, contrairement à ce qui se présente au titre de l'article 3, paragraphe 1, deuxième alinéa, de la loi/UE sur la liberté de circulation, qui s'applique aux membres de la famille de citoyens de l'UE sans emploi au sens de l'article 2, paragraphe 2, point 5, de ladite loi/UE, le versement d'une pension alimentaire suffisante pour couvrir les besoins n'est pas une condition préalable au droit à la liberté de circulation (jurisprudence concordante du Sénat, cf. arrêt du 22 mars 2018 – L 7 AS 1512/17, décisions du 2 juin 2016 – L 7 AS 955/16 B ER, du 28 mai 2015 – L 7 AS 372/15 B ER et du 15 avril 2015 – L 7 AS 428/15 B ER ; décision concordante du Tribunal social de Bavière du 19 novembre 2018 – L 11 AS 912/18 BER ; dans ce sens également l'arrêt BVerwG du 20.10.1993 – 11 C 1/93).
2. La requérante forme un foyer intergénérationnel avec ses deux parents et son enfant (voir, en principe, l'arrêt du Tribunal fédéral des affaires sociales du 17 juillet 2014 – B 14 AS 54/13 R). La pension alimentaire versée à la requérante par ses parents n'est pas considérée comme un revenu au sens de l'article 11, paragraphe 1, du livre II du Code social allemand (SGB II). Par ailleurs, conformément aux dispositions de l'article 9, paragraphe 3, du SGB II, les revenus des parents ne sont pas pris en compte pour la requérante, qui a la charge de son fils d'un an.
Source : socialcourtsability.de
2.2 – LSG Rhénanie-du-Nord-Westphalie, décision du 12 octobre 2018 (Dossiers n° : L 6 AS 500/18 B ER et L 6 AS 501/18 B) :
Concernant l’affirmation de l’exclusion du droit conformément à l’article 7, paragraphe 1, phrase 2, n° 2a) et b) du SGB II dans le cas d’une famille roumaine.
Principe directeur du Dr Manfred Hammel :
Le statut de salarié au sens de l’article 2, paragraphe 2, point 1, de la loi/UE sur la libre circulation des personnes est également reconnu en cas de relation de travail où le salarié ne travaille que quelques jours par semaine et/ou quelques heures par jour, à condition que son activité ne soit pas, dans son intégralité, subordonnée ou insignifiante. Dans ce cas, une analyse approfondie des faits doit impérativement être réalisée, prenant en compte le temps de travail, le niveau de rémunération, le droit aux congés payés, le maintien du salaire en cas d’arrêt maladie, l’application de la convention collective applicable et la durée de la relation de travail.
L'exclusion du droit aux congés payés, pourtant obligatoire et inaliénable, remet en cause l'existence d'une véritable relation de travail. Ceci est également valable si seul le nombre total d'heures de travail mensuelles est convenu. En l'absence d'un tel accord, le maintien du salaire en cas d'arrêt maladie de courte durée est pratiquement impossible à garantir.
Il en va de même si une relation de travail était prévue dès le départ pour ne durer que trois mois et a été résiliée à la fin du premier mois sans respect du délai de préavis légal et contractuel et sans motif apparent de résiliation extraordinaire.
Un emploi d'une durée de seulement deux mois, avec une charge de travail de seulement deux heures par jour et une rémunération de 400 euros par mois, doit être considéré comme totalement subalterne et insignifiant en raison de sa courte durée.
Même une relation de travail en tant que femme de ménage avec un temps de travail hebdomadaire de douze heures et une rémunération de 400 euros (c'est-à-dire inférieure au salaire minimum légal), qui a pris fin après quatre mois, ne dépasse pas le seuil de matérialité d'une relation de travail et d'affirmation du statut d'employé.
2.3 – LSG NRW, Jugement du 10.01.2019 – L 7 AS 783/15
Aucun remboursement des frais de voyage des étudiants en NRW par les centres d'emploi.
Les agences pour l'emploi ne sont généralement pas tenues de prendre en charge les frais de transport des élèves au titre du dispositif d'aide à l'éducation et à la participation. Si les élèves et leurs parents ont omis de demander le remboursement de ces frais auprès de l'établissement scolaire compétent, l'agence pour l'emploi n'est pas tenue d'intervenir.
Source : www.juraforum.de et www.juris.de
2.4 – Tribunal social du Land de Berlin-Brandebourg, décision du 28 janvier 2019 – L 18 AS 141/19 B ER – décision juridiquement contraignante
TFUE Art. 45 – Allocation chômage II – Citoyen de l’Union – Statut de salarié – Grossesse – Assistance sociale – Équilibre des intérêts
Principe directeur (Note de l'éditeur) :
Les demandeurs de nationalité portugaise doivent bénéficier de prestations en tenant compte d'un taux de prestation standard de 80 % des prestations standard légales.
Source : socialcourtsability.de
2.5 – Tribunal social du Land de Berlin-Brandebourg, arrêt du 23 janvier 2019 – L 18 AS 626/17 – exécutoire.
Frais supplémentaires liés à des régimes alimentaires onéreux – Allocation chômage II – Alimentation biologique
Principe directeur (Note de l'éditeur) :
L'apport alimentaire standard couvrant une alimentation complète, un régime alimentaire coûteux au sens de l'article 21, paragraphe 5, du livre II du Code social allemand (SGB II) ne concerne généralement qu'une forme d'alimentation particulière et plus onéreuse qui s'écarte d'une alimentation complète. Toutefois, un régime composé d'aliments issus de l'agriculture biologique ne constitue pas, en soi, une forme d'alimentation qui s'écarte d'une alimentation complète.
Source : socialcourtsability.de
2.6 – Tribunal social du Bade-Wurtemberg, arrêt du 15 février 2017 – L 3 AS 4825/16
Principe directeur (Éditeur) :
La question de savoir si ses cotisations à l'association sociale des anciens combattants (VdK) peuvent être considérées comme des dépenses déductibles du revenu reçoit une réponse négative.
Selon l'article 11b, paragraphe 1, n° 5 du Code social allemand, livre II (SGB II), entre autres, les cotisations syndicales ou les cotisations aux associations professionnelles sont déductibles, mais les cotisations d'adhésion à la VdK (Association sociale d'Allemagne) ne sont pas incluses.
Principe (Juris) :
Les cotisations à la VdK (Société sociale allemande) ne sont pas déductibles du revenu en vertu de l’article 11b, paragraphe 1, alinéa 5, du livre II du Code social allemand (SGB II). Pour déterminer si les dépenses sont nécessairement liées à la production de revenus, il convient d’appliquer en premier lieu les principes du droit fiscal, puis d’examiner si les principes applicables en vertu du SGB II conduisent à une interprétation différente. Les cotisations à la VdK ne sont pas soumises aux dispositions de l’article 9, paragraphe 1, alinéa 3, point 3, de la loi allemande sur l’impôt sur le revenu (EStG). Aucune correction de cette interprétation fiscale n’est requise aux fins du SGB II.
Source : socialcourtsability.de
3. Décisions des tribunaux sociaux d'État relatives à la loi sur la promotion de l'emploi
3.1 – Tribunal social du Bade-Wurtemberg, arrêt du 21 novembre 2018 – L 3 AL 2273/18
Le terme « immédiatement » figurant à l’article 26, paragraphe 2, du livre III du Code social allemand (SGB III) n’implique pas de délai strict, conformément aux arrêts du Tribunal social fédéral (BSG) du 23 février 2017 (B 11 AL 3/16 R et B 11 AL 4/16 R).
Principe (Juris) :
Si un délai de 45 jours s'écoule entre la fin de l'assurance obligatoire pour congé parental et le versement de l'allocation de maternité suite à une grossesse ultérieure, cette situation peut néanmoins satisfaire à l'exigence d'immédiateté au sens de l'article 26, paragraphe 2, point 1, du livre III du Code social allemand (SGB III). L'immédiateté doit être appréciée au cas par cas, en tenant compte du caractère aléatoire du versement de l'allocation de maternité et de la protection de la mère et de l'enfant garantie par l'article 6, paragraphe 4, de la Loi fondamentale allemande (GG), qui inclut également la protection sociale contre le chômage.
Source : socialcourtsability.de
4. Décisions des tribunaux sociaux des États en matière de droit d'asile
4.1 – Tribunal social de l'État de Bavière, décision du 19 novembre 2018 – L 8 AY 23/18 B ER.
Une réduction des besoins personnels est exclue sans la fourniture d'un avantage en nature d'une valeur équivalente – Absence de décision discrétionnaire conformément à l'article 2, paragraphe 2, de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) – Délivrance d'un titre de transport.
Principe (Juris)
1. Le facteur décisif pour déterminer comment la protection judiciaire préliminaire doit être accordée est le recours légal disponible dans la procédure principale.
2. Conformément à l'article 2, paragraphe 2, de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG), lorsqu'elle héberge des personnes bénéficiant de prestations au titre du paragraphe 1 dans un logement collectif, l'autorité compétente détermine la forme de ces prestations en fonction des circonstances locales. Le paragraphe 2 confère aux autorités compétentes un pouvoir discrétionnaire en la matière.
3. La simple réduction des prestations mensuelles de 374 € à hauteur de 284,97 € d'avantages en nature ne constitue pas un exercice légitime du pouvoir discrétionnaire. Il est impossible de déterminer quelles prestations ont été réduites ou remplacées par des avantages en nature, ni dans quelle mesure.
Source : socialcourtsability.de
5. Informations diverses sur la loi Hartz IV, l'aide sociale, le droit d'asile, le droit du logement et d'autres codes juridiques
5.1 – Tribunal administratif de Cologne, décision du 6 février 2019 (dossier n° : 20 L 136/19 – non contraignante) :
Principe directeur du Dr Manfred Hammel :
Une personne sans abri ne peut prétendre à aucun hébergement dans un refuge ou un établissement spécifique auprès de l’autorité de réglementation compétente.
La mise à disposition de centres d'hébergement pour les sans-abri et l'affectation des personnes sans domicile fixe à ces hébergements relèvent du pouvoir discrétionnaire de la municipalité responsable.
Ni l'existence d'un handicap moteur ni la survenue de violences dans un établissement ne rendent l'accessibilité ou l'utilisation de cet hébergement déraisonnable pour une personne sans abri dès le départ.
5.2 – Aide juridique : Sur l’augmentation des honoraires pour la représentation des ménages bénéficiant de prestations au titre du Code social allemand, livre II (SGB II), un article de l’avocat Helge Hildebrandt
Plus d'informations : sozialberatung-kiel.de
5.3 – Tribunal social du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie : L’exclusion des personnes dites étrangères de l’UE des prestations SGB II est-elle contraire au droit européen ?
Le 14 février 2019, le Tribunal social du Land a décidé de saisir la Cour de justice de l’Union européenne d’une affaire concernant les prestations SGB II pour les citoyens de l’Union (affaire n° L 19 AS 1104/18).
Le centre pour l'emploi de Krefeld a refusé au plaignant polonais les allocations demandées. Au motif qu'il se trouvait en Allemagne uniquement pour y chercher un emploi, ou qu'il ne disposait que d'un droit de séjour lié à celui de ses enfants pour des raisons scolaires, il a été exclu du bénéfice des allocations en vertu de l'article 7, paragraphe 1, alinéa 2, point 2 c) du livre II du Code social allemand (SGB II). Or, le tribunal social de Düsseldorf avait déjà jugé que cette exclusion était contraire au droit européen et avait ordonné au centre pour l'emploi de Krefeld de verser les allocations demandées.
La Haute Cour sociale (LSG) a partagé ce point de vue. Le requérant bénéficie d'un droit de séjour découlant des droits de séjour de ses enfants au sens de l'article 10 du règlement (UE) n° 492/2011 relatif à la libre circulation des personnes. Il exerçait une activité professionnelle avant et pendant la scolarité régulière de ses enfants et a effectivement exercé l'autorité parentale à leur égard.
Plus d'informations : www.justiz.nrw.de
Note :
Ceci est totalement controversé – contrairement aux décisions du Tribunal social du Land de Thuringe du 1er novembre 2017 – L 4 AS 1225/17 B ER – qui est juridiquement contraignante, du Tribunal social du Land de Rhénanie-Palatinat du 11 août 2016 – L 3 AS 376/16 B ER, du Tribunal social du Land de Hesse du 31 octobre 2016 – L 7 AS 565/16 B ER, du Tribunal social du Land de Basse-Saxe-Brême du 15 janvier 2016 – L 15 AS 226/16 B ER, du Tribunal social du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie du 12 juillet 2017 – L 12 AS 696/17 B et du Tribunal social du Land de Schleswig-Holstein du 17 février 2017 – L 6 AS 11/17 B ER.
5.4 – Compte rendu de la Conférence allemande sur les tribunaux sociaux (Deutscher Sozialgerichtstag eV) concernant l'audience sur les sanctions devant la Cour constitutionnelle fédérale (BVerfG), par l'avocat Volker Gerloff (via Facebook)
Concernant les négociations sur les sanctions devant la Cour constitutionnelle fédérale, voici un très bon compte rendu de la Conférence allemande sur les tribunaux sociaux (Deutscher Sozialgerichtstag eV), où j'ai le plaisir de participer à la Commission SGB II : 94.186.214.5
Le rapport démontre clairement que les statistiques régulièrement présentées par le gouvernement fédéral et l'Agence fédérale pour l'emploi sont tout simplement erronées. Ces derniers affirmaient que les sanctions ne concernaient qu'environ 3 % des bénéficiaires d'allocations, et que moins de 1 % d'entre eux étaient concernés par des négociations. La DSGT (Association allemande des avocats) souligne que, selon les statistiques de l'Agence fédérale pour l'emploi, le taux réel de bénéficiaires d'allocations sanctionnés s'élève à 21,7 %.
www.facebook.com/RA.Volker.Gerloff
Auteur du fil d'actualités juridiques : Detlef Brock, rédacteur en chef de Tacheles
Source : ticker de jurisprudence Tacheles


