DÉCISION
Dans l'affaire pénale concernant les mineurs
Concernant xxx,
né(e) le xxx,
citoyen(ne) allemand(e)
résidant à xxx,
Conseil de la défense : Me Sven Adam,
Lange Geismarstr. 55, 37073 Göttingen
La 6e Grande Chambre pour les affaires juvéniles du Tribunal régional d'Aix-la-Chapelle, sur le pourvoi immédiat contre la décision du Tribunal local de Düren du 22 octobre 2019 – numéro de dossier : 10 Cs 380/19 –
le 11 novembre 2019
:
Le pourvoi immédiat du parquet du 25 octobre 2019 est rejeté comme non fondé aux frais du Trésor public (§ 473 par. 2 StPO).
Motifs :
Le pourvoi immédiat est irrecevable. Le tribunal local a eu raison de rejeter la demande de poursuites pénales contre l’accusé dans la décision contestée.
La Chambre partage le bien-fondé du raisonnement qui sous-tend la décision attaquée. Les motifs d’appel ne justifient pas une décision plus favorable.
Le tribunal local, pour des raisons bien fondées, a pris la position selon laquelle, dans la catégorie de ce qu'on appelle la résistance anticipée, dans laquelle, au moment de l'action d'exécution, une situation déjà créée en vue d'entraver ou de faire échouer l'action d'exécution en cours est simplement exploitée sans autre action, (en substance) un obstacle significatif à l'action d'exécution est requis afin de se conformer au principe de sécurité juridique des normes de droit pénal découlant de l'article 103, paragraphe 2, de la Loi fondamentale, dans l'interprétation de l'élément de « violence ».
La résistance par la force au sens de l’article 113 du Code pénal allemand (StGB) consiste en l’utilisation de moyens de coercition matériels, notamment la force physique, par une conduite active contre la personne de l’agent chargé de l’exécution de la loi ; susceptible au moins d’entraver l’accomplissement de l’acte officiel (cf. Fischer, StGB, 66e édition 2019, article 113, note marginale 23).
Le tribunal local a démontré de manière convaincante que l'attache préalable de l'accusé à un tas de branches à l'aide d'un collier de serrage ne constituait pas un usage de la force au sens de la loi : la suppression de l'obstacle par les policiers, consistant à couper le collier de serrage en quelques secondes, n'aurait pu entraver l'exécution de la mesure, à savoir l'assistance à la déblaiement des lieux, conformément à la loi. Il convient de noter que les policiers pouvaient aisément couper le collier de serrage. Contrairement aux affaires comparables de résistance anticipée, où les tribunaux ont présumé un acte de résistance, l'utilisation d'outils spéciaux susceptibles d'avoir considérablement retardé l'exécution de la mesure n'était pas requise en l'espèce (cf., par exemple, Cour régionale supérieure de Stuttgart, arrêt du 30 juillet 2015 – 2 Ss 9/15 –, juris) ; les policiers pouvaient simplement utiliser la pince coupante dont ils disposaient. Le tribunal présume que les policiers sont généralement munis d'outils (pince coupante, couteau, ciseaux, etc.) pour couper un collier de serrage, mais cela est d'autant plus vrai dans le cadre d'une opération de grande envergure visant à déblaier une zone, comme c'est le cas ici.
Contrairement aux motifs d'appel, cette interprétation des faits est déjà étayée par la jurisprudence. À titre d'exemple, la Cour régionale supérieure de Celle a rejeté l'existence d'un acte de résistance, considérant que le comportement du prévenu n'avait que très légèrement entravé l'exécution de l'acte officiel (voir Cour régionale supérieure de Celle, arrêt du 9 mai 1989 – 1 Ss 79/89 juris). Cet arrêt se fondait sur le fait que le prévenu avait verrouillé la portière de son véhicule de l'intérieur à l'approche d'un agent de police, avant de la déverrouiller peu après à la demande expresse de ce dernier. Si, dans cette affaire, le prévenu avait volontairement levé l'obstacle à l'exécution de l'acte officiel, en l'espèce, il ressort clairement des images vidéo disponibles que l'accusé était incapable de se dégager de la situation qu'il avait lui-même créée. Toutefois, l'élément déterminant n'est pas la levée volontaire de l'obstacle, mais bien une appréciation factuelle globale de l'incidence du comportement sur l'exécution de l'acte officiel. Dans les cas où les agents chargés de l'application de la loi ne sont guère confrontés à la force physique, le facteur décisif sera la pertinence de l'acte de résistance pour causer un retard non négligeable dans l'action officielle, ce qui – comme dans ce cas – ne peut être affirmé étant donné que seules quelques secondes ont été nécessaires pour l'arrestation et que l'accusé s'est par ailleurs comporté de manière coopérative.


