DÉCISION
Dans le litige juridique
xxx,
Demandeur,
Représentant légal :
Me Sven Adam
Lange, Geismarstraße 55, 37073 Göttingen
contre
Jobcenter Werra-Meißner, représenté par le directeur général,
Fuldaer Straße 6, 37269 Eschwege
Défendeur,
La 2e chambre du tribunal social de Kassel a décidé le 16 juin 2020, par l'intermédiaire du juge président, le juge xxx du tribunal social :
Le défendeur doit rembourser au demandeur les frais extrajudiciaires nécessaires.
RAISONS
Le défendeur doit rembourser au demandeur les frais extrajudiciaires nécessaires.
Conformément à l'article 193, paragraphe 1, troisième alinéa, de la loi sur les tribunaux sociaux (SGG), le tribunal doit, saisi d'une requête, statuer par ordonnance sur la question de savoir si et dans quelle mesure les parties doivent se rembourser mutuellement leurs frais si la procédure prend fin autrement que par un jugement. Le tribunal social doit décider, en tenant compte de l'état antérieur des faits et des arguments juridiques ainsi que des chances de succès, et à son appréciation équitable, si le défendeur doit supporter les frais extrajudiciaires du demandeur. Le tribunal doit fonder sa décision sur l'état des faits et des arguments juridiques en vigueur au moment de l'événement qui a rendu l'affaire sans objet.
La loi relative aux tribunaux sociaux ne lie pas automatiquement la décision concernant les dépens à l'issue de la procédure. Le tribunal doit examiner l'ensemble des circonstances propres à chaque affaire. En cas de règlement amiable, les facteurs déterminants sont à la fois les chances de succès de la demande et le principe du pollueur-payeur. En cas d'incertitude, un partage des dépens est possible. Il en va de même si le litige soulève des questions juridiques complexes qui rendent l'issue de la procédure incertaine. Par ailleurs, les motifs ayant motivé l'introduction de l'instance et le règlement amiable doivent être analysés.
En cas de désistement, la décision relative aux dépens peut également dépendre de la renonciation volontaire du demandeur à toute action ultérieure, ce qui justifierait sa mise à sa charge. Conformément à l'article 91a du Code de procédure civile allemand (ZPO), une fois le fond de l'affaire tranchée, le tribunal ne peut plus poursuivre l'instruction jusqu'à statuer sur le fond, c'est-à-dire qu'il ne peut plus mener d'enquête complémentaire. Il convient d'examiner les nouveaux éléments non contestés qui ne nécessitent pas d'investigation supplémentaire.
Si le prestataire de prestations manque à son obligation d'enquêter d'office lors d'une procédure administrative, et que des faits sont établis par une procédure judiciaire sur la base des investigations du tribunal, faits qui, s'ils avaient été dûment examinés par le prestataire et auraient pu l'être, auraient conduit à une décision différente de celle contestée, le prestataire doit supporter les frais de justice en vertu du principe de causalité, indépendamment du résultat obtenu par le bénéficiaire. Il en va de même si le bénéficiaire n'a pas suffisamment coopéré à la procédure administrative (Tribunal social de l'État de Hesse, arrêt du 7 février 2003, dossier n° L 12 B 93/02 RJ, avec références à la jurisprudence).
En outre, pour la décision relative aux dépens, il est essentiel de vérifier si la situation de fait et de droit a changé après le prononcé de la décision ou après l'introduction de l'instance et si la partie concernée en tient immédiatement compte ; dans ce cas, elle pourrait être exonérée de tout dépens.
Dans le cas d'une action en défaut d'agir (art. 88 de la SGG), si l'action est intentée après l'expiration du délai d'attente, le défendeur est généralement tenu de rembourser les frais extrajudiciaires du demandeur, celui-ci pouvant raisonnablement s'attendre à une décision avant l'expiration de ce délai. Cependant, le remboursement par le défendeur n'est pas possible si ce dernier avait un motif valable d'inaction et l'a communiqué au demandeur ou en avait connaissance (B. Schmidt dans : Meyer-Ladewig/Keller/Leitherer/Schmidt, SGG, 12e édition 2017, art. 193, par. 13c).
Si une décision est rendue après l'expiration du délai d'attente, un recours en injonction est recevable du fait de cette expiration (B. Schmidt dans : Meyer-Ladewig/Keller/Leitherer/Schmidt, SGG, 12e édition 2017, § 88, al. 10a). Comme indiqué précédemment, le remboursement des dépens au titre de l'article 193 SGG dépend également des chances de succès de la demande ainsi que du principe du pollueur-payeur. Les dépens sont généralement remboursés si la décision est rendue après l'expiration du délai d'attente. Les circonstances propres à chaque cas doivent être prises en compte (Tribunal social de Hesse, arrêt du 27 décembre 2005, dossier n° L 9 B 176/05 SO). Dans le cadre des circonstances générales à prendre en considération dans une action pour inexécution, il convient de tenir compte des éléments suivants : l’intérêt de la partie qui demande réparation à ce que l’acte administratif ou la décision relative à l’objection n’ait pas été rendu dans le délai prescrit, l’obtention de la sécurité juridique et, en particulier, l’objet même du litige, tel que l’attente de prestations plus élevées ou la révocation de prestations réduites, ainsi que des circonstances temporelles et factuelles particulières. Il n'existe aucune obligation de s'enquérir de l'état des faits ou de la procédure avant d'introduire une action en injonction (Tribunal de première instance de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, décision du 7 février 2013, n° de dossier : L 9 AL 367/12 B ; Tribunal de première instance de Bade-Wurtemberg, décision du 14 septembre 2005, n° de dossier : L 10 LW 4563/04 AK-B ; Tribunal de première instance de Hesse, décision du 15 février 2008, n° de dossier : L 7 B 184/07 AS). Une telle obligation ne saurait être déduite du texte de loi, ni n'est requise au regard de la répartition des intérêts prévue à l'article 88. À l'expiration du délai d'attente, l'intérêt du demandeur/opposant à obtenir une décision dans un délai raisonnable prévaut sur celui de l'autre partie et justifie, sans autre condition, l'exercice du droit à une décision. La charge de la preuve de l'existence de motifs justifiant le dépassement du délai de traitement normal incombe désormais à l'autorité, indépendamment de toute demande de la partie concernée (voir BeckOGK/Jaritz, en vigueur depuis le 1er septembre 2019, LSQ § 88, par. 44). En l'absence de circonstances particulières susceptibles de justifier une enquête plus approfondie de la part de l'autorité ou tout autre retard de traitement, il n'y a pas lieu d'exiger du demandeur, au-delà des exigences légales prévues à l'article 88 de la LSQ, qu'il s'enquière auprès de l'autorité de l'état d'avancement de la procédure (Tribunal social du Bade-Wurtemberg, décision du 14 septembre 2005 – L 10 LW 4563/04 AK-B – juris, par. 32 et suivants).
En l'espèce, le demandeur a introduit une requête en révision de plusieurs notifications de sanction le 3 février 2019. Le 12 août 2019, il a introduit une action en défaut de comparution, qu'il a déclarée close le 13 septembre 2019, après la notification des notifications. Une décision relative aux dépens est justifiée. Lors de la rédaction de l'article 88 de la loi sur les tribunaux sociaux (SGG), le législateur n'a prévu aucune autre condition, telle qu'une consultation préalable de l'autorité avant d'introduire une action en défaut de comparution. Ce n'est qu'en présence de circonstances particulières propres à chaque cas que l'autorité peut être exonérée des dépens ou ne les supporter que partiellement. Si, par exemple, une action en défaut de comparution est introduite très tardivement, plusieurs années après les faits, le tribunal doit examiner si le droit de recours a été prescrit au regard de l'abus de droit. Il y a abus de droit si l'action aurait pu être intentée plus tôt et si le demandeur, par son comportement envers l'autorité, a créé une attente légitime (Cour supérieure des affaires sociales de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, arrêt du 9 mai 2011 – L 7 AS 218/11 B). Même une action intentée dans les délais, après l'expiration du délai prévu à l'article 88, paragraphe 1, de la loi sur les tribunaux sociaux (LTS), n'entraîne pas nécessairement la condamnation aux dépens s'il existe des indices montrant que l'autorité n'est pas inactive, ou si la partie lésée a connaissance de circonstances justifiant une demande de renseignements auprès de l'autorité, ou encore de circonstances laissant présager une décision rapide de l'autorité – malgré l'expiration du délai prévu à l'article 88 LTS. Le silence de la partie lésée après le dépôt d'une demande ou la formulation d'une objection n'est généralement pas contradictoire ni contraire à la bonne foi, mais au contraire logique. Il n'existe généralement aucune obligation légale pour un citoyen de rappeler régulièrement à l'autorité compétente l'existence d'une décision en cours ou de déclarer qu'il continue d'avoir un intérêt dans cette décision (BeckOGK/Jaritz, 1er septembre 2019, SGG § 88, par. 40). Aucune circonstance particulière n'aurait dû contraindre le demandeur à effectuer une telle démarche. Le demandeur n'avait par ailleurs aucune raison de s'attendre à des investigations complémentaires en temps opportun ou à la publication de la décision par l'autorité compétente. Les cas de figure tranchés par les 1re et 7e chambres du Tribunal social de Kassel ne sont pas entièrement comparables à la présente affaire, car dans l'une des décisions, il était question du chevauchement entre la notification de l'acte administratif et l'introduction de l'instance, tandis que dans l'autre, l'autorité avait mené des investigations qui ne constituaient manifestement pas une inaction de sa part à l'égard de la personne concernée. En conséquence, le défendeur doit rembourser au demandeur les frais extrajudiciaires engagés.
Le recours contre cette décision est exclu (§ 172 par. 3 no. 3 SGG).


