VERDICT
Dans le litige juridique
xxx,
Demandeur,
Représentant légal :
Me Sven Adam,
Lange Geismarstraße 55, 37073 Göttingen,
contre
District de Werra-Meißner, représenté par le comité de district, service juridique 3.1,
Schlossplatz 1, 37269 Eschwege
Défendeur,
La 12e chambre du tribunal social de Kassel, le 19 novembre 2020, par l'intermédiaire du président, le juge xxx, et des juges non professionnels, M. xxx et M. xxx, a rendu le jugement suivant sans procédure orale :
- La décision du 19 décembre 2019, telle que modifiée par la décision d'appel du 12 août 2020, et la décision du 27 octobre 2020, sont modifiées, et il est ordonné au défendeur d'accorder à la plaignante, en tant que personne adulte célibataire, des prestations conformément aux articles 3 et 3a de la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile (Asylum Seekers' Benefits Act - AsylbLG) à compter du 1er janvier 2020, et des prestations conformément à l'article 2 de la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile (Asylum Seekers' Benefits Act - AsylbLG) du 3 novembre 2020 au 31 décembre 2020, chacune sur la base du niveau de prestation standard 1, en tenant compte des paiements qui lui ont déjà été accordés.
- Le défendeur doit rembourser au demandeur les frais de la procédure judiciaire.
- Le recours est admis.
FAITS
Les parties sont en litige concernant l'octroi de prestations majorées au titre de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) pour la période du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2020. La requérante, née en 1993 et d'origine iranienne, est, selon le dossier, célibataire. Elle a déposé une demande d'asile après son entrée en République fédérale d'Allemagne et est prise en charge par le défendeur depuis mai 2019. Depuis lors, elle vit en hébergement collectif sans disposer d'un logement individuel. Suite à sa demande du 14 mai 2019, elle perçoit des prestations au titre de l'article 3 de l'AsylbLG. Ces prestations lui ont initialement été accordées et versées sur la base du niveau de prestation standard 1. Toutefois, et c'est là l'unique objet du présent litige, à compter du 1er janvier 2020, elle a perçu des prestations uniquement sur la base du niveau de prestation standard 2. La plaignante souhaite poursuivre et obtenir définitivement le versement de prestations au-delà de la période provisoire couverte jusqu'au 31 décembre 2020, en revendiquant son droit au niveau de prestation standard 1. Ceci s'applique également dans la mesure où, au cours de la procédure judiciaire, des prestations dites analogues lui ont été accordées conformément à l'article 2, paragraphe 1, alinéa 4, point 1 de la loi relative à l'asile (AsylbLG), du 3 novembre 2020 jusqu'au 31 décembre 2020 (à titre provisoire), uniquement sur la base du niveau de prestation standard 2, par décision du 27 octobre 2020.
À cet égard, la défenderesse avait initialement accordé à la plaignante des prestations uniquement au titre des articles 3, 3a, paragraphe 1, alinéa 2b, et paragraphe 2, paragraphe 1, alinéa 2b, de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG), pour la période du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2020, sur la base du niveau de prestation standard 2, conformément à la décision du 19 décembre 2019. La plaignante, par l'intermédiaire de son représentant légal, a formé opposition à cette décision par lettre datée du 23 décembre 2019, faisant valoir qu'à compter du 1er janvier 2020, les prestations qui lui étaient accordées au titre des articles 3 et 3a de l'AsylbLG devaient être calculées sur la base du niveau de prestation standard 1, au motif que la disposition législative en vigueur depuis le 1er septembre 2019, prévoyant l'octroi de prestations au titre du niveau de prestation standard 2 aux personnes seules vivant en logement collectif, était inconstitutionnelle. Pour étayer et expliquer plus en détail sa position, le plaignant a notamment cité la jurisprudence pertinente de la Cour constitutionnelle fédérale et un avis d'expert de l'association allemande Caritas. Cette dernière a en particulier fait valoir que le législateur, sans fondement empirique quant au potentiel d'économies correspondant, avait présumé, entre autres, l'existence de communautés de destin partagé, une mise en commun des ressources et des synergies financières, autant d'hypothèses qui ne reflétaient pas la réalité de l'hébergement des réfugiés, comme cela a été précisé. Aucun écart significatif n'a été démontré. Par conséquent, les prestations versées étaient manifestement insuffisantes et inférieures au seuil de subsistance minimum constitutionnel, un point qui a également été développé.
Au cours de la procédure d'opposition, le défendeur a ensuite accordé à la demanderesse des prestations provisoires au niveau de prestation standard 1 à compter du 1er avril 2020, sur la base de la proposition de la chambre présidente de la chambre de jugement relative aux règlements extrajudiciaires conclus dans une série de procédures accélérées similaires et uniquement au regard des restrictions de contact liées à la pandémie en vigueur, à titre de prestation volontaire, tout en maintenant sa situation juridique à tous autres égards et sous réserve de la décision rendue dans le cadre de la procédure d'opposition.
Le défendeur a lui-même soumis son objection au Conseil régional de Kassel, en tant qu'autorité d'appel compétente pour statuer sur l'objection.
Par décision du 12 août 2020, le Conseil régional a rejeté le recours comme non fondé. Les importantes préoccupations constitutionnelles soulevées concernant la disposition en question ne justifiaient pas que le requérant prétende à des prestations plus élevées au titre du niveau 1 des prestations de base. Le droit constitutionnel à un niveau de vie minimum digne se limite aux moyens absolument nécessaires pour assurer à la fois l'existence physique et une participation minimale à la vie sociale, culturelle et politique (Cour constitutionnelle fédérale, arrêt du 23 juillet 2014 – 1 BvL 10/12-). Les prestations sociales ne sont considérées comme manifestement insuffisantes que s'il est évident que, dans leur montant total, elles ne peuvent en aucun cas garantir aux personnes dans le besoin en Allemagne une vie digne, au regard des perspectives susmentionnées. Selon la jurisprudence de la Cour constitutionnelle fédérale, le législateur est en droit de fonder le niveau des prestations de base sur les habitudes de consommation des ménages à faibles revenus, telles que déterminées par l'enquête sur les revenus et les dépenses (ERD). De même, il n'est pas constitutionnellement contestable que le législateur utilise la prestation de base pour les personnes vivant seules, soit le niveau 1, comme point de départ pour déterminer le niveau des prestations de base pour les adultes vivant sous le même toit que d'autres adultes éligibles, c'est-à-dire le niveau 2 pour deux adultes éligibles mariés, partenaires civils ou liés par un partenariat civil (Cour constitutionnelle fédérale, ibid.). La prestation de base pour les partenaires au niveau 2 correspond à 90 % de la prestation de base pour les personnes seules au niveau 1, et la prestation de base pour les personnes à charge au niveau 3 correspond à 80 %. Comme pour le calcul de la prestation de base dans le cadre du RVS (Système de référence pour la sécurité sociale), le législateur a supposé que deux adultes vivant sous le même toit gèrent leurs finances 20 % plus efficacement que deux personnes seules et leur a accordé à tous deux 180 % de la prestation de base pour une personne seule. Dans le cas des couples, l'épargne était répartie équitablement entre les deux partenaires, tandis que dans tous les autres cas, les 20 % d'épargne n'étaient pris en compte que pour la personne à charge. Dans ce contexte, le calcul du niveau de prestation standard 2 à partir du niveau 1 ne saurait être considéré comme un défaut de définition de la base de calcul. L'étude ultérieure menée par l'Université de la Ruhr à Bochum (RUB) pour le compte du ministère fédéral du Travail et des Affaires sociales (BMAS) a démontré que les besoins supplémentaires du second adulte, à hauteur de 80 %, étaient largement suffisants. Il s'ensuit que la prestation standard du partenaire pour le niveau 2, correspondant à 90 % de la prestation standard du niveau 1 pour les personnes seules, est également justifiée. Contrairement à l'idée reçue selon laquelle la gestion partagée du logement et les mesures d'économie comparables à celles des conjoints seraient impossibles dans les centres d'hébergement pour réfugiés, même en logement collectif, les dépenses sont généralement moindres, justifiant une réduction des prestations sociales de base (Tribunal social de Hildesheim, décision du 13 décembre 2019, S 42 AY 207/19 ER). Par exemple, les demandeurs d'asile en logement collectif bénéficient de nombreux services supplémentaires gratuits, tels que l'accès gratuit à Internet, des services d'entretien et de nettoyage, des référents sur place, etc. Même en logement collectif, le partage de l'espace de vie permet des synergies, car certaines dépenses liées au ménage ne sont pas supportées individuellement par chaque bénéficiaire, mais peuvent être partagées entre les résidents ou prises en charge par eux. De plus, le logement collectif permet de réaliser des économies sur les produits alimentaires de première nécessité, par exemple en achetant des denrées alimentaires ou au moins des produits de base pour la cuisine en plus grande quantité (une pratique même recommandée pendant la pandémie de COVID-19) et en les partageant avec les autres résidents. Les économies ainsi réalisées pour les adultes sont comparables à celles des ménages de deux personnes. De nombreux bénéficiaires de prestations sociales sont logés en famille dans des logements collectifs, ce qui signifie qu'ils profitent déjà des économies identifiées pour les ménages de deux personnes. Cette situation est confortée par l'obligation de prendre en compte l'origine ethnique dans le cadre du logement collectif (voir note explicative BT-Drs 19/10052, p. 23). Ces économies potentielles n'ont pas été annulées par la pandémie. En conséquence, le nouveau règlement figurant à l'article 3a, paragraphe 1, alinéa 2, de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) repose également sur l'anticipation d'économies et applique le niveau de besoins spécifiques des adultes en logement collectif aux bénéficiaires de prestations au titre des articles 3 et 3a de l'AsylbLG qui sont logés en logement collectif. Cette modification s'avérait nécessaire car les seuils de besoins standard de l'Ordonnance relative au calcul des prestations aux demandeurs d'asile (ORDA) s'appliquent aux bénéficiaires de prestations au titre des articles 3 et 3a de la Loi sur l'asile (LAA), et l'ORDA ne prévoit pas de seuil de besoins standard spécifique pour les personnes hébergées collectivement. Il convient également de noter que, depuis le 1er janvier 2020, conformément à l'article 8, paragraphe 1, deuxième alinéa de l'ORDA, le seuil de besoins standard 2 s'applique aux adultes qui ne vivent pas dans un appartement mais disposent d'un espace de vie personnel, seuls ou avec une autre personne, ainsi que de pièces supplémentaires à usage commun. Ceci introduit un nouveau seuil de prestations standard 2b – selon l'exposé des motifs accompagnant le projet de loi – afin de prendre en compte les nouvelles formes de logement prévues par la Loi fédérale sur la participation (LFTP) (LT-Drs 18/9984, 25 et suiv., 85, 88). Dans ces nouveaux types de logements, similaires aux appartements partagés, personne ne dispose d'un appartement privatif ; outre l'espace de vie personnel, les autres fonctions d'un appartement sont assurées par des espaces partagés. L'application de l'allocation de niveau 2 est également justifiée par les économies potentielles liées à la gestion partagée du logement (BECKOKSOZR RBEG § 8, note marginale Rn. 11). Cela signifie également qu'il n'y a pas violation du principe d'égalité de traitement, puisque l'allocation de niveau 2 est également prévue pour le groupe comparable de résidents dans des logements spécifiques, tels que définis par la BTHG. Dès lors, on ne peut conclure que la disposition en question est manifestement inconstitutionnelle. Tel a été l'arrêt du Tribunal social de Hildesheim (décision du 13 décembre 2019, S 42 AY 207/19 ER) et de la Cour sociale supérieure du Bade-Wurtemberg (décision du 13 février 2020, L 7 AY 4273/ER-B). Même en adoptant un point de vue différent, et conformément à certaines décisions des tribunaux sociaux dans le cadre de procédures d'injonction préliminaire, le demandeur n'a présenté aucun élément de fait permettant de discerner une insuffisance manifeste ou une situation d'urgence dans son cas. Ceci vaut également pour la situation pandémique actuelle, car le demandeur n'a invoqué aucun besoin supplémentaire lié à la COVID-19, et un tel besoin n'est d'ailleurs pas apparent. En particulier, des articles tels que des désinfectants ou des masques sont fournis par le district après consultation. De plus, les autorités compétentes en matière de délivrance et d'appel ne peuvent accorder des prestations supérieures à celles prévues par la loi. Pour les bénéficiaires adultes logés en collectivité, une allocation de base correspondant au niveau 2 est prévue. Les autorités chargées des affaires sociales sont tenues de respecter cette disposition en vertu de l'article 20, paragraphe 3, de la Loi fondamentale. L'autorité compétente n'est pas habilitée à invalider les lois fédérales. Seule la Cour constitutionnelle fédérale a le pouvoir de déclarer invalides les lois fédérales (article 100, paragraphe 1, phrase 1 de la Loi fondamentale) (Tribunal social de Hildesheim, décision du 5 mai 2020, S 42 AY 86/20 ER).
Le 13 septembre 2020, la requérante, par l'intermédiaire de son représentant légal, a introduit un recours devant le Tribunal social de Kassel contre la décision du 19 décembre 2020, modifiée par l'arrêt d'appel du 12 août 2020, relative à l'octroi de prestations à compter du 1er janvier 2020. Dans ce recours, elle soutient, pour les motifs exposés ci-dessus et en apportant des précisions complémentaires, qu'elle a droit à des prestations d'un montant supérieur au niveau 2, à compter du 1er janvier 2020, au titre des prestations qui lui ont été accordées en vertu des articles 3 et 3a de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG). Elle affirme en outre que, pendant la période de perception de ces prestations, elle remplira également les conditions requises pour l'octroi de prestations analogues au titre de l'article 2 de l'AsylbLG, lesquelles devraient lui être accordées non seulement au niveau 2, mais également au niveau 1.
Le plaignant soutient en outre, entre autres :
« Les dispositions des articles 3, 3a, paragraphe 1, point 2b, et 2, paragraphe 2b de la loi relative aux prestations aux demandeurs d’asile (AsylbLG) sont manifestement inconstitutionnelles, car elles violent le droit fondamental à un niveau de vie minimum digne garanti par l’article 1, paragraphe 1, de la Loi fondamentale (GG), conjointement avec le principe de l’État social énoncé à l’article 20, paragraphe 1, de la GG (cf. décision de la Cour constitutionnelle fédérale du 9 février 2010 – affaire n° : 1 BvL 1/09, BVerfGE 125, 175) et contreviennent au principe général d’égalité, article 3, paragraphe 1, de la GG. »
Le droit fondamental à un niveau de vie minimum digne garantit à toute personne ayant besoin d’assistance les conditions matérielles indispensables à son existence physique et à un niveau minimum de participation à la vie sociale, culturelle et politique (Cour constitutionnelle fédérale, 09.02.2010 – Affaire n° : 1 BvL 1/09, BVerfGE 125, 175, 1er LS).
Le droit fondamental s’applique de la même manière aux ressortissants allemands et étrangers résidant en République fédérale d’Allemagne (Cour constitutionnelle fédérale, arrêt du 18 juillet 2012 – Affaire n° : 1 BvL 10/10, BVerfGE 132, 134, 2e LS).
Pour déterminer la portée de la demande, le législateur doit évaluer toutes les dépenses essentielles de la vie de manière réaliste et compréhensible dans le cadre d'une procédure transparente et appropriée, fondée sur des chiffres fiables et des méthodes de calcul concluantes (Cour constitutionnelle fédérale du 09.02.2010 – Affaire n° : 1 BvL 1/09, BVerfGE 125, 175, 3e LS).
La prise en compte des besoins spécifiques de certains groupes de personnes lors de la détermination du niveau de vie minimum garantissant la dignité humaine ne peut être accordée que sous des conditions strictes. Une différenciation n'est possible que si leurs besoins en services essentiels diffèrent sensiblement de ceux des autres personnes dans le besoin, et que cela peut être démontré de manière logique par un processus transparent fondé sur les besoins réels de ce groupe spécifique (Cour constitutionnelle fédérale, arrêt du 18 juillet 2012 – Affaire n° 1 BvL 10/10, BVerfGE 132, 134, 3e LS).
Le droit fondamental à un niveau de vie minimum garanti, garant de la dignité humaine, exige un examen des fondements et de la méthodologie de calcul des prestations afin de déterminer s'ils répondent à l'objectif de ce droit fondamental. La protection de ce droit fondamental s'étend également à la procédure de détermination du niveau de vie minimum, car le contrôle du résultat au regard de ce droit fondamental n'est possible que dans une certaine mesure. Afin de garantir la compréhensibilité de l'étendue de l'aide légale, à la mesure de l'importance de ce droit fondamental, ainsi que son contrôle juridictionnel, la détermination des prestations doit être justifiée par des données fiables et des méthodes de calcul rigoureuses (Cour constitutionnelle fédérale, arrêt du 9 février 2010 – Affaire n° 1 BvL 1/09, BVerfGE 125, 175, point 109).
En ce qui concerne les besoins spécifiques des personnes ayant droit aux prestations conformément aux articles 3, 3a, paragraphe 1, n° 2b, et paragraphe 2, n° 2b de la loi sur les prestations aux demandeurs d’asile (AsylbLG), le législateur n’a mené aucune enquête.
Les besoins des personnes bénéficiant de prestations en vertu des articles 3, 3a, paragraphe 1, point 2b, et paragraphe 2, point 2b, de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) ne diffèrent pas sensiblement de ceux des personnes seules adultes bénéficiant de prestations et vivant en appartement, telles que définies à l'article 8, paragraphe 1, deuxième alinéa, de la loi relative à l'évaluation standard des besoins. Par conséquent, le législateur n'a même pas tenté de démontrer cette différence par une procédure transparente fondée sur les besoins réels de ce groupe spécifique.
Le législateur affirme simplement qu'on peut supposer que le logement collectif permet aux résidents de réaliser des économies comparables à celles des ménages composés de couples.
Le concept d'économies grâce à la mise en commun des finances, tel qu'il apparaît dans l'évaluation des besoins de niveau 2 pour les couples, peut s'appliquer aux bénéficiaires d'aides sociales qui partagent certaines installations (cuisine, salles de bains, espaces communs, etc.) dans les logements collectifs. Là encore, le partage de l'espace de vie permet des synergies, car certaines dépenses liées au ménage ne sont pas supportées individuellement par chaque bénéficiaire, mais réparties entre les résidents ou partagées collectivement. C'est le cas, par exemple, des besoins personnels en matière de médias, puisque des connexions téléphoniques fixes ou internet sont généralement mises à disposition pour un usage collectif dans les logements collectifs. Des économies supplémentaires résultent, dans les conditions susmentionnées, de la possibilité de partager ou d'échanger des ressources en matière de loisirs, de divertissement et de culture (section 9 de l'Enquête sur les revenus et les dépenses de 2013). De plus, le logement collectif permettrait de réaliser des économies sur les produits alimentaires de première nécessité (section 1 de l'Enquête sur les revenus et les dépenses de 2013), par exemple en achetant des aliments ou au moins des produits de cuisine de base en plus grande quantité et en les utilisant collectivement dans les cuisines communes. Les économies qui en résultent pour les résidents adultes de logements collectifs sont comparables à celles réalisées dans les ménages de deux personnes (Note explicative, Bundestag Printed Matter 19/10052, p. 24).
Lors de la réglementation des prestations de subsistance, le législateur dispose d'un pouvoir discrétionnaire lui permettant de procéder à une appréciation standardisée des circonstances, fondée sur les besoins réels, afin de déterminer le montant des prestations nécessaires, à condition que cette appréciation ne paraisse pas déraisonnable. Le gouvernement fédéral a fondé cette appréciation sur l'hypothèse que les personnes logées en collectivité peuvent réaliser les économies décrites, comparables à celles des couples, grâce à une gestion financière partagée. Les personnes bénéficiant de prestations au titre de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) et logées en collectivité sont censées gérer leurs finances conjointement, au-delà du simple partage des dépenses liées au logement. Ces personnes, quelle que soit leur origine, se trouvent dans la même situation de vie durant la procédure d'asile et forment, de fait, une communauté de destin. Leur droit de séjour en Allemagne n'est pas encore définitivement établi. Elles participent à des cours de langue et à des mesures d'intégration et, en tant que réfugiés nouvellement arrivés, elles se trouvent dans une situation transitoire comparable qui les unit. Le logement partagé avec d'autres bénéficiaires de prestations facilite le traitement rapide des demandes. Dans cette situation temporelle et spatiale exceptionnelle, ils ont le devoir de faire tous les efforts raisonnables pour s’entendre dans le logement commun (note explicative, BT-Drucksache 19/10052, p. 24).
La raison invoquée pour la réduction des prestations est une prétendue « solidarité dans le logement collectif » et les effets de synergie et d’économies de coûts qui en résultent (note explicative, BT-Drucksache 19/10052, p. 25).
En réalité, les personnes vivant en concubinage ne bénéficient pas d'économies comparables à celles des couples vivant seuls, car elles ne gèrent pas leurs finances conjointement. Selon les arrêts du Tribunal fédéral des affaires sociales relatifs aux couples non mariés, les conditions d'une gestion financière partagée vont au-delà du simple partage d'une salle de bains, d'une cuisine et, éventuellement, d'espaces communs (Tribunal fédéral des affaires sociales, 23 août 2012 – Affaire n° : B 4 AS 34/12 R) : même la pratique courante, dans un logement partagé, d'acheter conjointement des produits alimentaires de base, des produits d'entretien et des articles de toilette grâce à une caisse commune alimentée à parts égales par tous les occupants ne suffit pas, en soi, à constituer une communauté financière. Le facteur déterminant est que le ménage soit géré par les deux partenaires, leurs contributions respectives dépendant de leurs capacités économiques et physiques. La gestion effective du ménage et la prise en charge des dépenses ménagères doivent être assurées conjointement par les deux partenaires, ce qui ne signifie pas pour autant que la contribution financière au ménage ou l'importance accordée à la gestion du ménage elle-même doivent être égales. Un accord entre les partenaires sur la répartition des responsabilités ménagères, dans l'intérêt de leur relation, est suffisant.
Dans les centres d'hébergement pour réfugiés, il n'existe pas de modèle économique partagé, semblable à celui des partenariats ; les possibilités de solliciter l'aide d'autres bénéficiaires de prestations sociales sont donc inexistantes. Le pouvoir législatif ne peut imposer aux bénéficiaires de prestations sociales des mesures d'économie qu'ils ne sont pas en mesure d'appliquer.
L'association Caritas Allemagne, forte de sa longue expérience auprès des réfugiés, doute elle aussi que ce type d'hébergement permette de réaliser des économies pour les résidents et juge injustifiée la création d'une catégorie d'aide distincte, conditionnée par les besoins, ce qui impliquerait une nouvelle réduction des prestations pour les personnes concernées. On peut raisonnablement s'attendre à ce que les membres d'une même famille vivant sous le même toit gèrent leurs finances ensemble. Des données empiriques pourraient démontrer les économies qui en découlent (Cour constitutionnelle fédérale – Affaire n° 1 BvR 371/11). En revanche, le potentiel d'économies lié à l'hébergement dans des centres d'accueil pour réfugiés n'est ni suffisamment prouvé empiriquement, ni plausible. L'hypothèse selon laquelle des personnes ne se connaissant pas, dont le seul lien est l'anonymat de ces hébergements collectifs, développeraient un sentiment de solidarité au sein d'une prétendue « communauté de destin » (mémorandum explicatif, p. 27), générant ainsi des synergies financières pour les résidents, ne correspond pas à la réalité des centres d'accueil pour réfugiés. Au contraire, une base solide de confiance mutuelle est indispensable à toute activité économique partagée. Il est douteux que de telles relations puissent se nouer entre des inconnus dans ces circonstances. La rotation constante des réfugiés dans les centres d'hébergement empêche généralement l'établissement de liens aussi étroits. Le fait que les résidents proviennent régulièrement de régions et de cultures différentes, ce qui peut engendrer des difficultés de communication, voire des conflits, constitue un obstacle supplémentaire à toute activité économique partagée. De plus, selon l'exposé des motifs de la loi, les économies escomptées sont censées résulter du partage du logement et de l'achat et de l'utilisation communs des biens ménagers (exposé des motifs, p. 23). Or, les avantages liés à ce partage ne sont pas inclus dans le niveau de besoins 1, car ils sont versés séparément (voir l'article 3, paragraphe 3, troisième alinéa de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile). Par conséquent, aucune économie ne peut être réalisée pour les personnes concernées. La réduction des prestations proposée est également inappropriée au regard des besoins personnels essentiels. Du fait de la perception d'aides en nature, ce montant est souvent le seul moyen pour les individus de prendre des décisions autonomes concernant une partie de leur vie et de faire l'expérience de l'autonomie (Déclaration de l'association allemande Caritas sur le projet de loi portant modification de la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile du 29 mars 2019).
Aucune différence significative en matière de besoins n'a été démontrée. Au contraire, tout porte à croire que les besoins des personnes ayant droit aux prestations prévues aux articles 3, 3a, paragraphe 1, point 2b, et paragraphe 2, point 2b, de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) ne diffèrent pas de ceux des autres bénéficiaires adultes célibataires ayant droit aux prestations prévues à l'article 2 de la même loi.
La justification du nouveau barème de prestations standard réside probablement dans les implications financières de la loi. Une simulation des effets de la réorganisation des barèmes et de l'augmentation des prestations a démontré que les économies résultant de cette réorganisation (passage du barème 1 au barème 2 pour les personnes seules en institution, et modifications des barèmes pour les adultes sans domicile fixe) s'élèveront à environ 40 millions d'euros par an. Les dépenses supplémentaires liées à l'ajustement des prestations de base sur la base de l'enquête sur les revenus et les dépenses de 2013 et de ses mises à jour ultérieures sont également de l'ordre de 40 millions d'euros par an (note explicative, document du Bundestag 19/10052, p. 15-16). Le nouveau barème de prestations standard vise donc manifestement à financer l'ajustement des prestations de base, négligé pendant trois ans.
Compte tenu d'un besoin équivalent au niveau de prestation standard 1, que le législateur a déterminé pour les personnes seules, des prestations ne représentant que 90 % de ce niveau de subsistance sont manifestement insuffisantes.
Dans le cas de couples adultes vivant en concubinage et bénéficiant de l'aide sociale, le législateur peut présumer que la gestion commune des finances engendre des économies et que, par conséquent, les besoins financiers minimaux de deux partenaires vivant en concubinage sont inférieurs au double de ceux d'une personne seule gérant ses finances (cf. BVerfGE 8, 338 [342]). Dès lors que, du fait de leur concubinage, on peut considérer que les deux partenaires « partagent leurs finances », il n'est pas contestable que le législateur fixe le même besoin minimal pour les deux (Cour constitutionnelle fédérale, 09.02.2010 – Affaire n° 1 BvL 1/09, BVerfGE 125, 175, point 121).
L'obligation de couvrir le minimum vital pour deux partenaires, soit 180 % du minimum vital correspondant pour une personne seule, repose sur le calcul de la différence modifié de l'Association allemande pour l'aide sociale publique et privée, qui a servi de base à l'article 2, paragraphe 3, de l'ordonnance de 1990 relative au barème standard. L'Association allemande a déterminé cette valeur en prenant comme groupe de référence les couples mariés sans enfant dont le revenu net disponible est supérieur au seuil d'éligibilité à l'aide sociale, en déterminant leur consommation standard ouvrant droit aux prestations selon la même procédure que pour une personne seule (c'est-à-dire en ne considérant que les postes de dépenses individuels des différentes catégories de l'enquête sur les revenus et les dépenses également pris en compte pour une personne seule), puis en calculant la différence entre les montants pour les couples mariés et les personnes seules. Cette méthode convient pour déterminer le niveau de subsistance des partenaires vivant dans un ménage sans enfant (cf. arrêt de la Cour constitutionnelle fédérale du 9 février 2010 – dossier n° : 1 BvL 1/09, BVerfGE 125, 175, point 155).
Toutefois, cela n'a aucune incidence sur les besoins des personnes ayant droit à des prestations au sens des articles 3, 3a, paragraphe 1, point 2b, et paragraphe 2, point 2b, de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG), car leurs besoins spécifiques n'ont pas été déterminés et aucune donnée sur les besoins spécifiques de ce groupe de personnes ne peut être obtenue à partir des évaluations de l'enquête sur les revenus et les dépenses (cf. concernant l'absence de détermination des besoins spécifiques des enfants dans le domaine du Code social allemand, livre II (SGB II), décision de la Cour constitutionnelle fédérale du 9 février 2010 – affaire n° : 1 BvL 1/09, BVerfGE 125, 175, paragraphes 156 et suivants).
Il n'existe aucun élément de preuve plausible permettant de supposer que les personnes ayant droit aux prestations prévues aux articles 3, 3a, paragraphe 1, point 2b, et paragraphe 2, point 2b, de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) gèrent leurs finances conjointement, à l'instar des conjoints d'un ménage percevant des prestations. Elles n'y sont d'ailleurs pas tenues réciproquement. Il n'est pas possible d'exiger un soutien équivalent de la part des autres bénéficiaires.
En réalité, aucune différence de besoins n'est apparente par rapport aux adultes célibataires bénéficiant de prestations au titre de l'article 2 de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) et résidant dans un appartement tel que défini à l'article 8, paragraphe 1, deuxième alinéa, de la loi relative à l'évaluation standard des besoins, ni par rapport aux adultes célibataires bénéficiant de prestations au titre du livre XII du Code social allemand (SGB XII) et résidant dans un logement autre qu'un logement collectif tel que défini à l'article 53, paragraphe 1, de la loi sur l'asile ou un centre d'accueil tel que défini à l'article 44, paragraphe 1, de la loi sur l'asile (par exemple, un centre d'hébergement d'urgence), ce qui ne justifierait pas un traitement inégal. Ces groupes de personnes sont traités plus favorablement que le requérant, bien qu'ayant les mêmes besoins, sans aucune justification valable. De plus, le principe d'égalité énoncé à l'article 3, paragraphe 1, de la Loi fondamentale (GG) découle également du fait que, malgré des différences manifestes de besoins, le requérant perçoit des prestations au même niveau que les conjoints
La demanderesse invoque en outre une jurisprudence constante des juridictions sociales, notamment celle du Tribunal social de Landshut (décision du 24 octobre 2019, S 11 AY 64/19 ER), du Tribunal social de Fribourg (décision du 3 décembre 2019, S 9 AY 4605/19 ER), du Tribunal social de Hanovre (décision du 20 décembre 2019, S 53 AY 107/19 ER), du Tribunal social de Leipzig (décision du 8 janvier 2020, S 10 AY 40/19 ER), de la Cour sociale supérieure de Saxe (décision du 23 mars 2020, L 8 AY 4/20 B ER), du Tribunal social de Francfort-sur-le-Main (décision du 14 janvier 2020, S 30 AY 26/19 ER) et du Tribunal social Tribunal de Dresde (arrêt du 4 février 2020, n° 20 AY 86/19 ER), auquel cas les dispositions de l'article 2, paragraphe 1, alinéa 4, point 1 de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) sont applicables. Par ailleurs, la demanderesse fait état d'une déclaration personnelle concernant la cohabitation dans le logement qu'elle occupait pendant la période litigieuse.
La plaignante demande (en substance) que
la décision du 19 décembre 2019, telle que modifiée par la décision d'appel du 12 août 2020, et la décision du 27 octobre 2020, soient modifiées et que le défendeur soit enjoint de lui accorder, en tant que personne adulte célibataire, des prestations conformément aux articles 3 et 3a de la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) à compter du 1er janvier 2020, et conformément à l'article 2 de la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) du 3 novembre 2020 au 31 décembre 2020, dans chaque cas sur la base du niveau de prestation standard 1, en tenant compte des paiements qui lui ont déjà été accordés.
Le défendeur demande
le rejet de l'action.
Le défendeur maintient les décisions contestées. Il se réfère essentiellement, en les développant, aux conclusions de la décision d'appel et cite simultanément la jurisprudence des tribunaux sociaux qui, du moins en matière de mesures conservatoires, ne corrobore pas les arguments du demandeur, y compris d'un point de vue constitutionnel. Parallèlement, le défendeur, s'appuyant sur des commentaires pertinents, affirme que le législateur était fondé à juger acceptables les économies réalisées grâce à la mise en commun des ressources, car les bénéficiaires de prestations sociales en instance d'asile, quelle que soit leur origine, se trouvent dans la même situation et forment, de fait, une communauté de destin. Leur droit de séjour en Allemagne n'est pas encore définitivement établi. Le logement partagé avec d'autres bénéficiaires de prestations sociales pendant cette période prévisible, jusqu'à ce que leur statut de résident soit clarifié, facilite le traitement rapide de la procédure. Dans cette situation exceptionnelle, tant temporelle que spatiale, le législateur estime que les bénéficiaires de prestations sociales ont l'obligation de faire tout leur possible pour cohabiter harmonieusement au sein du logement collectif. En cas de conflits empêchant les personnes logées en collectivité de gérer leurs finances de manière raisonnable, le législateur estime que la collectivité permet de trouver des solutions au sein de l'immeuble ou conjointement avec une autre collectivité, sans compromettre la possibilité fondamentale de réaliser des économies pour tous les bénéficiaires. L'évaluation du législateur, selon laquelle le potentiel d'économies pour le groupe de personnes mentionné à l'article 2, paragraphe 1, quatrième phrase, point 1 de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) est tout aussi possible et raisonnable que pour le groupe de personnes décrit à l'article 3a de ladite loi, est objective et réaliste. Ces considérations sont compatibles avec l'objectif de l'AsylbLG, qui est de limiter l'incitation financière pour les étrangers à recourir à la procédure d'asile pour venir en Allemagne pour des raisons économiques ou médicales. Parallèlement, la limitation des prestations au niveau minimum vital vise à restreindre l'utilisation des fonds publics. Tout cas de difficultés particulières pourrait être résolu, conformément à l'intention du législateur, en tenant compte de l'origine ethnique et de l'appartenance religieuse lors du changement de résidence et de l'hébergement collectif. Le principal souci du demandeur d'asile étant de savoir s'il bénéficiera d'une protection temporaire en Allemagne, ces restrictions sont jugées acceptables jusqu'à la conclusion définitive et juridiquement contraignante de la procédure d'asile, ce souci étant pleinement garanti. À cet égard, le principe constitutionnellement irréprochable de promouvoir le droit d'asile en garantissant une procédure conforme à l'État de droit et en exigeant l'acceptation de restrictions sur les prestations sociales de base pendant la procédure d'asile s'applique également. Par ailleurs, il convient de souligner que le législateur a explicitement indiqué attendre des bénéficiaires de la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) hébergés en collectivité qu'ils partagent non seulement les frais d'hébergement, mais aussi leurs finances. Dans cette situation particulière, tant temporelle que spatiale, les personnes concernées ont « l’obligation de faire tous les efforts raisonnables pour bien vivre ensemble dans le logement collectif » (BT-Drs. 19H 0052, p. 24). À cet égard, le législateur exige qu’elles profitent des possibilités raisonnables de réaliser des économies grâce à la mise en commun des ressources. Si le requérant objecte que des ressources partagées, semblables à celles dont disposent les conjoints, n’existent pas dans les centres d’hébergement pour réfugiés, cela ne contredit pas l’appréciation du législateur selon laquelle, compte tenu de la situation particulière des bénéficiaires d’aides sociales vivant en logement collectif, il est raisonnable de s’attendre à ce qu’ils utilisent les ressources partagées. Le législateur assume une obligation à cet égard, c’est-à-dire une action non contraignante mais nécessaire à son propre intérêt pour éviter tout désavantage. Seul le non-respect de cette obligation entraîne un manque à gagner en termes d’économies et, par conséquent, des désavantages potentiels quant à l’adéquation des prestations versées. En outre, seule la Cour constitutionnelle fédérale est compétente pour déclarer inconstitutionnelle la réglementation en cause. La possibilité d'interpréter une norme juridique conformément à la Constitution est limitée lorsqu'elle entre en conflit avec la volonté clairement identifiable du législateur. Au regard de ce critère, et considérant le libellé, la structure et l'objet de l'article 3a de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG), les objections constitutionnelles de la plaignante ne sauraient justifier l'octroi du niveau de prestation 1 par une interprétation conforme à la Constitution du droit commun. Dans la mesure où la plaignante fait valoir qu'elle pourra demander une modification de ses prestations en vertu de l'article 2 de l'AsylbLG pendant la période de prestations concernée, en raison de l'expiration du délai de 18 mois, cette simple perspective est également insuffisante pour rendre la décision contestée illégale. Le défendeur examinera en temps utile, après l'expiration du délai d'attente, le respect des conditions d'admissibilité (supplémentaires) prévues à l'article 2, paragraphe 1, de l'AsylbLG et, le cas échéant, ordonnera la modification des prestations.
Au cours de la procédure judiciaire ultérieure, le défendeur a également accordé au demandeur des prestations au titre de l'article 2 de l'AsylbLG du 3 novembre 2020 au 31 décembre 2020 par décision datée du 27 octobre 2020, qui, cependant, continuait d'être fondées uniquement sur le niveau de prestation standard 2.
Pour plus de détails, notamment pour les observations complémentaires des parties, il convient de se référer au contenu du dossier judiciaire dans son ensemble ; il convient également de se référer aux dossiers administratifs du défendeur, dont le contenu essentiel relatif au présent litige juridique a également fait l'objet de la décision rendue, par laquelle les parties ont expressément convenu d'une décision de la chambre sans procédure orale conformément à l'article 124, paragraphe 2, de la loi sur les tribunaux sociaux (SGG).
MOTIFS DE LA DÉCISION
Le litige juridique pouvait être réglé par la chambre sans audience orale par jugement, après que les parties aient expressément convenu de cela au préalable (§ 124 par. 2 SGG).
L'action est recevable. Elle a notamment été introduite en bonne et due forme et dans les délais impartis devant le tribunal compétent (articles 78 et 90 de la LSQ), et la décision du 27 octobre 2020, par laquelle le défendeur, modifiant sa décision du 19 décembre 2019, a accordé au demandeur des prestations au titre de l'article 2 de la LSQ du 3 novembre 2020 au 31 décembre 2020, également au seul niveau de prestation standard 2, fait l'objet du litige conformément à l'article 96 de la LSQ.
Cette action est finalement bien fondée.
La décision du 19 décembre 2019, telle que modifiée par la décision d'appel du 12 août 2020 et par la décision modificative du 27 octobre 2020, est illégale dans la mesure où le défendeur a accordé à la demanderesse des prestations au titre des articles 3 et 3a de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) à compter du 1er janvier 2020, puis au titre de l'article 2 de la même loi du 3 novembre 2020 au 31 décembre 2020, chaque fois sur la base du seul niveau de prestation standard 2. En revanche, compte tenu des versements qui lui ont déjà été accordés simultanément, la demanderesse a droit aux prestations au titre de l'article 3 de l'AsylbLG à compter du 1er janvier 2020, puis au titre de l'article 2 de la même loi du 3 novembre 2020 au 31 décembre 2020, chaque fois sur la base du niveau de prestation standard 1, compte tenu des versements déjà perçus. Les droits qui lui ont été accordés pendant cette période lui ont été accordés. Par conséquent, il a été ordonné à la défenderesse de s'y conformer. En effet, à l'instar de l'article 2, paragraphe 1, alinéa 4, point 1 de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG), les articles 3, 3a, paragraphe 1, point 2b, et paragraphe 2, point 2b de la même loi (Tribunal social de Landshut, arrêt du 23 janvier 2020, S 11 AY 79/19) doivent également être interprétés conformément à la Constitution, selon la Chambre. Cette interprétation vise à garantir que les bénéficiaires vivent effectivement avec au moins une autre personne et à assurer la compatibilité avec le droit fondamental à un niveau de vie minimum digne (article 1, paragraphe 1, de la Loi fondamentale, combiné à l'article 20, paragraphe 1, de la Loi fondamentale), notamment avec les exigences procédurales de la Cour constitutionnelle fédérale. Cette compatibilité ne peut être assurée, entre autres, que par une telle interprétation constitutionnelle de l'article 2, paragraphe 1, alinéa 4, point 1. L'application de l'article 1 de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile Il convient de s'appuyer sur les dispositions de l'AsylbLG (loi relative à l'asile) ainsi que sur les articles 3, 3a, paragraphe 1, point 2b, et 2, paragraphe 2b, dans sa version du 15 août 2019. Il en résulte que la requérante, personne seule majeure, est assimilée à une personne seule majeure, bénéficiaire d'une prestation sociale, vivant seule dans un appartement, au sens de l'article 8, paragraphe 1, deuxième alinéa, de la Loi sur l'évaluation des besoins standard. Par conséquent, les prestations susmentionnées lui sont accordées au titre du niveau de besoins standard 1.
La chambre de jugement souligne en premier lieu que sa propre jurisprudence antérieure, notamment en matière de mesures conservatoires (décision du 13 juillet 2020, S 12 AY 20/20 ER, exécutoire), est conforme aux arrêts de la Cour constitutionnelle cités par le demandeur dans le présent litige concernant les conditions relatives au contenu et à l’étendue des prestations de subsistance et à la détermination d’un niveau de vie minimum digne, à la déclaration de l’association allemande Caritas sur le projet de loi portant troisième modification de la loi relative aux prestations aux demandeurs d’asile du 29 mars 2019 (également citée par le demandeur dans le présent litige), et au-delà des décisions des tribunaux sociaux susmentionnées (par exemple, le tribunal social de Landshut, décision du 24 octobre 2019, S 11 AY 64/19 ER ; le tribunal social d’Oldenburg, décision du 9 juin 2020, S 25 AY 21/20 ER), et à cet égard également conforme à la jurisprudence de la Cour. Cour sociale supérieure. La Cour sociale supérieure du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (arrêts du 11 mai 2020, L 9 AY 22/19 B ER et du 10 juin 2020, L 9 AY 22/19 B ER, juris) a exprimé de sérieuses préoccupations quant à la constitutionnalité des niveaux de prestations réglementés par l'article 3a, paragraphe 1, point 2, lettre b, et l'article 3a, paragraphe 2, point 2, lettre b, de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) – avec les mêmes effets juridiques que dans la présente affaire – pour les bénéficiaires adultes sans partenaire hébergés dans des centres d'accueil, des logements collectifs ou des hébergements comparables. Cette préoccupation s'étendait également dans la mesure où, comme l'a jugé la Haute Cour sociale du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, une interprétation conforme à la Constitution de la disposition exige, comme élément non écrit de l'infraction, la gestion domestique communautaire réelle et vérifiable du bénéficiaire de l'aide avec d'autres personnes logées dans le logement communautaire, pour laquelle la charge objective de la preuve (et, dans les procédures d'injonction préliminaire, la charge de la présentation) incombe au fournisseur de l'aide. Les préoccupations constitutionnelles, avec pour conséquence un droit plus élevé aux prestations, seraient alors partagées, au moins en matière de protection juridique préliminaire, non seulement par le Tribunal social de Landshut, mais aussi par le Tribunal social de Francfort, décision du 14 janvier 2020, S 30 AY 26/19 ER, juris, et par le Tribunal social de Fribourg (Breisgau), décisions du 3 décembre 2019, S 9 AY 4605/19 ER, juris et du 20 janvier 2020, S 7 AY 5235/19 ER, juris). Le tribunal social de Munich (arrêt du 10 février 2020, S 42 AY 82/19 ER) a également jugé que l'interprétation législative de l'article 3a, paragraphe 1, point 2 b), et du paragraphe 2, point 2 b), de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) soulève plusieurs questions constitutionnelles complexes et non résolues. Les différences de prestations entre les bénéficiaires de l'AsylbLG et ceux des prestations prévues par le livre XII du Code social allemand (SGB XII) ne sont justifiées que si les besoins des deux groupes ont été dûment déterminés dans le cadre d'une procédure transparente. Or, en l'espèce, une telle enquête sur les dépenses de consommation des bénéficiaires de l'AsylbLG fait précisément défaut. Sans une telle enquête, l'hypothèse générale du législateur selon laquelle des personnes sans lien de parenté gèrent régulièrement leurs finances conjointement, à l'instar des conjoints ou des partenaires vivant en concubinage, apparaît insoutenable. Dans certains cas, les effets de synergie pourraient ne pas être atteints si d'autres résidents sont considérés comme ayant des limitations à leurs droits en vertu de l'article 1a de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) ou s'ils perçoivent des prestations à des taux standard inférieurs. De plus, les logements collectifs accueillent généralement des personnes de nationalités et de cultures différentes qui ne se connaissent pas. Par conséquent, compte tenu des prestations généralement limitées prévues par la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile, il est probable qu'il n'existe pas de sentiment particulier de proximité ou de confiance entre les résidents, éléments pourtant essentiels à une gestion financière partagée.
Dans sa décision susmentionnée, le Tribunal social de Berlin (décision du 19 mai 2020, S 90 AY 57/20 ER, juris) a poursuivi sa décision en partant du principe que les dispositions de l'article 3a, paragraphe 1, point 2, lettre b, et du paragraphe 2, point 2, lettre b, de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) devaient être interprétées conformément à la Constitution pendant la période d'application des restrictions de contact mises en place pour endiguer la pandémie de Covid-19 (ordonnance relative aux mesures de confinement liées au SARS-CoV-2 ; juris : CoronaVV BE 3), de manière à présupposer, comme élément constitutif implicite de l'infraction, la gestion communautaire raisonnable du logement par le bénéficiaire de prestations avec les autres personnes logeant dans le même logement. À défaut, le bénéficiaire doit percevoir des prestations au taux normal de 1 pour ce seul motif.
Tout ceci a été déterminé conformément à notre propre examen dans la procédure susmentionnée S 12 AY 20/20 ER, avec pour conséquence que, au moins dans le cadre d'une mise en balance des intérêts, le défendeur dans cette procédure était en outre tenu d'accorder au demandeur dans cette procédure des avantages basés sur le niveau de prestation standard 1 au lieu du niveau de prestation standard 2 à compter de la date de réception de la demande jusqu'à la décision sur le fond. À cet égard, la Chambre a adopté les préoccupations constitutionnelles susmentionnées soulevées par le requérant dans cette affaire concernant les dispositions des articles 3a, paragraphe 1, point 2, lettre b, et paragraphe 2, point 2, lettre b, de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) et a en outre déclaré que, de l'avis de la Chambre, il y avait également lieu de croire, comme l'a fait le Tribunal social de Francfort (décision du 14 janvier 2020), que, du fait du niveau de prestation inférieur, conformément au niveau de prestation standard 2, le niveau de vie minimum socioculturel/humain du requérant dans cette affaire, protégé par le droit fondamental énoncé à l'article 1, paragraphe 1, de la Loi fondamentale (GG), qui l'inclut également en sa qualité de demandeur d'asile, ne serait pas couvert. En revanche, une violation du principe d'égalité prévu à l'article 3, paragraphe 1, de la Loi fondamentale est probable, car il existe des raisons impérieuses de croire que les besoins des résidents de logements collectifs ou de logements communautaires au sens de l'article 53, paragraphe 1, de la Loi sur l'asile ne sont pas comparables à ceux des conjoints de fait ou des partenaires vivant en concubinage, et que, par conséquent, le législateur traite de manière égale des situations inégales à l'article 2, paragraphe 1, alinéa 4, point 1, de la Loi sur les prestations aux demandeurs d'asile. Conformément à la disposition susmentionnée, l'article 28 du Code social allemand, livre XII (SGB XII), conjointement avec la loi sur l'évaluation des besoins standard et les articles 28a et 40 du SGB XII, s'applique mutatis mutandis aux bénéficiaires au titre de l'article 2, paragraphe 1, première phrase, étant entendu que, dans le cas d'un hébergement en établissement collectif au sens de l'article 53, paragraphe 1, de la loi sur l'asile (AsylG) ou dans un centre d'accueil au sens de l'article 44, paragraphe 1, de la loi sur l'asile (AsylG), un besoin standard d'un montant correspondant au niveau de besoin standard 2 est reconnu pour chaque adulte (n° 1). Cela signifie que, pour le demandeur célibataire en question, il est traité comme un partenaire dans une relation conjugale ou de concubinage en ce qui concerne le niveau de prestation standard 2 qui lui est applicable, alors même que l'exposé des motifs de la loi indique qu'aucune évaluation des besoins spécifiques des personnes bénéficiant de prestations au titre de la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) et vivant en logement collectif n'a précédé la nouvelle législation. Le législateur a simplement présumé que le logement collectif engendrerait les mêmes économies pour ses résidents que pour les couples vivant ensemble. La mise en balance nécessaire des intérêts et des conséquences conduit donc – dans le cadre de la procédure préliminaire – à la conclusion, comme expliqué précédemment, que l'intérêt du demandeur à garantir son niveau de subsistance minimum, dans le respect du principe de dignité humaine, doit primer sur l'intérêt financier du défendeur à éviter des versements de prestations potentiellement injustifiés.
La chambre de jugement, même composée de juges non professionnels, continue d'adhérer expressément à l'ensemble de ces principes. Ainsi, l'application de l'article 2, paragraphe 1, alinéa 4, point 1 de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG), ainsi que des articles 3 et 3a de ladite loi, dans l'interprétation donnée par le défendeur devant le tribunal social de Landshut (mentionné ci-dessus) et la Cour sociale supérieure du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (arrêts du 11 mai 2020, L 9 AY 22/19 B ER et du 10 juin 2020, L 9 AY 22/19 B ER, juris), mais aussi de la jurisprudence majoritaire de ces juridictions sociales, serait, de l'avis de la chambre, inconstitutionnelle. Ceci n'empêche toutefois pas la chambre de procéder à une telle interprétation conforme à la Constitution et l'oblige, en revanche, à saisir la Cour constitutionnelle fédérale en application de l'article 100 de la Constitution. Loi fondamentale (concernant la priorité et la recevabilité d'une interprétation conforme à la Constitution par les juridictions spécialisées dans des situations de ce type, voir…). Cour constitutionnelle fédérale, arrêt du 1er octobre 2020, 1 BvR 1106/20, juris et, en outre, notamment, Cour constitutionnelle fédérale, arrêts du 26 février 2020, 1 BvL 1/20, juris, du 12 février 1992, 1 BvL 21/88 et du 12 octobre 2010, 2 BvL 59/06 ; en outre, Tribunal social de l'État de Hesse, arrêt du 1er juillet 2020, L 4 SO 120/18 –, juris).
Le tribunal social de Landshut (mentionné ci-dessus) déclare en outre à ce sujet :
Selon l'arrêt de la Cour constitutionnelle fédérale du 18 juillet 2012 (BVerfG - 1 BvL 10/10 -, BVerfGE 132, 134-179), le montant des prestations doit être déterminé selon une procédure transparente et appropriée, fondée sur les besoins réels et couvrant l'ensemble des dépenses essentielles. Les différences de prestations entre les bénéficiaires de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) et ceux bénéficiant des prestations prévues par le Code social, livres II et XII (SGB II et XII), ne sont justifiées que si et dans la mesure où des besoins différents ont été établis et étayés. Les besoins des bénéficiaires sont déterminants tant pour l'évaluation des besoins que pour l'octroi des prestations. Le législateur était fondé à présumer que les dépenses sont réduites grâce à la mise en commun des finances et que, par conséquent, les besoins financiers minimaux de deux partenaires vivant ensemble sont inférieurs au double de ceux d'une personne seule. Dès lors que, du fait du concubinage, on peut supposer que les deux partenaires gèrent leurs finances « à partir d'un fonds commun », Il n’est pas contestable que le législateur ait stipulé le même besoin minimal pour les partenaires. Cette approche est prise en compte. Une répartition égale des besoins communautaires réduits, contrairement au principe du chef de famille précédemment appliqué en droit de l’assistance sociale, est conforme à l’article 3, paragraphe 2, de la Loi fondamentale (Cour constitutionnelle fédérale, arrêt du 9 février 2010 – 1 BvL 1/09 –, BVerfGE 125, 175-260, point 154, confirmé par la Cour constitutionnelle fédérale, décision du 23 juillet 2014 – 1 BvL 10/12 –, BVerfGE 137, 34-103, point 100).
Selon l'exposé des motifs de la loi, le niveau 2 de la prestation de base reprend uniquement la réglementation antérieure applicable aux couples, telle que définie dans la version de l'article 8 de la loi relative à la rémunération de la prestation de base (RBEG) en vigueur jusqu'au 31 décembre 2016. Selon cette réglementation, chaque adulte percevait 90 % du montant de la prestation de base. La notion de couple inclut non seulement les couples mariés et les partenaires, mais aussi les couples vivant en concubinage et les personnes pacsées (Gutzler in : Schlegel/Voelzke, jurisPK-SGB XII, 2e éd. 2014, article 8 RBEG 1re révision, par. 15). Ces économies potentielles s'expliquent par le fait que les partenaires d'un même logement partagent le même espace de vie, ce qui réduit considérablement les dépenses de logement par personne par rapport aux personnes vivant seules. Le montant de la prestation de base est déterminé par l'acquisition et l'utilisation communes de divers biens ménagers, ainsi que par l'achat commun de produits de consommation. Dans ce contexte, il convient de maintenir le niveau de prestation standard 2 pour les partenaires vivant sous le même toit à un montant correspondant à 90 % du niveau de prestation standard. Cette mesure est mise en œuvre par la disposition du paragraphe 1, point 2, relative au niveau de prestation standard 2 pour les conjoints, les partenaires enregistrés et les partenaires vivant en union civile ou de fait. Compte tenu de la nature de leur vie commune, il est généralement admis que ces couples partagent les dépenses de consommation liées au ménage (Document du Bundestag 18/9984, p. 85 et suivantes).
Le législateur n'a pas mené d'enquête sur les dépenses de consommation des bénéficiaires de l'allocation d'asile (AsylbLG). Il a été précisé que les habitudes de consommation spécifiques de ces bénéficiaires, s'écartant de celles ayant servi de base à l'enquête sur les revenus et les dépenses, ne peuvent être « déterminées et estimées de manière fiable » ni « justifiées de façon plausible » (projet de loi, document imprimé 18/2592 du 22 septembre 2014, p. 21 et suivantes). En conséquence, le législateur a décidé de calculer les besoins des bénéficiaires de l'allocation d'asile au titre de l'article 1 de l'AsylbLG par analogie avec ceux des bénéficiaires au titre du Code social allemand, livre XII (SGB XII) ou livre II (SGB II). Cette décision, dans sa mise en œuvre des dispositions légales, doit être prise en considération.
Il ressort clairement des conclusions du législateur que la réduction des prestations standard à 90 % par rapport aux personnes célibataires suppose la cohabitation, le partenariat et la mise en commun des finances. Il semble impossible que des personnes sans lien de parenté vivant en communauté remplissent régulièrement ces trois critères sans tenir compte de leur situation personnelle.
La composition et le montant des besoins personnels essentiels, et donc l'allocation en espèces, sont déterminés par la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG), ainsi que par le Code social allemand, livres II (SGB II) et XII (SGB XII), sur la base de l'enquête sur les revenus et les dépenses de 2013 (EVS 2013). Dans le cadre de cette enquête, le législateur a d'abord défini ce qui constitue le minimum socioculturel de subsistance, puis a utilisé un modèle statistique pour déterminer les dépenses des ménages pour ces biens de consommation essentiels. Conformément à ce modèle, les allocations de base ont été calculées sur la base des dépenses de consommation déterminées empiriquement et des décisions du législateur quant à leur pertinence pour garantir un minimum de subsistance digne aux différentes configurations de ménages considérées. Le législateur a stipulé que les allocations de base devaient être alignées sur les niveaux de consommation des ménages ayant des niveaux de consommation inférieurs.
Les dépenses de consommation calculées des ménages de référence pour chaque bien et service, définis par le législateur comme répondant aux besoins standards, aboutissent chacune à la somme totale des dépenses de consommation nécessaires pour garantir le niveau de subsistance minimum.
Cette somme représente le montant du versement mensuel. Il appartient aux bénéficiaires de décider comment utiliser ce montant mensuel.
La décision du législateur concernant les dépenses de consommation prises en compte pour le calcul des prestations de base n'a pas pour but d'entraver les choix individuels quant à l'utilisation du budget mensuel. Par conséquent, le calcul des prestations de base ne détermine ni l'usage que les bénéficiaires feront du versement, ni son montant. Seul le montant du budget est déterminé par le modèle statistique lors du calcul des prestations de base.
La logique du modèle statistique repose précisément sur le fait que, dans les faits, les montants alloués à chaque dépense de consommation admissible ne correspondent pas exactement aux calculs, mais que les dépenses réelles peuvent s'en écarter au cas par cas. Le seul facteur déterminant est que le budget total soit suffisant pour couvrir les dépenses de consommation et garantir un niveau de vie minimum décent.
Inévitablement, toute dépense supplémentaire par rapport aux dépenses moyennes prises en compte dans le calcul doit être compensée par une réduction des dépenses dans d'autres domaines. La composition individuelle des dépenses de consommation varie d'un mois à l'autre en raison de l'évolution de la situation et de la nécessité incontournable d'établir des priorités (voir à ce sujet le projet de loi, document imprimé 18/2592 du 22 septembre 2014, p. 21 et suivantes ; le projet de loi, document imprimé 17/3404 du 26 octobre 2010, p. 51).
Le législateur part donc du principe que le facteur déterminant n'est pas de savoir si les éléments pris en compte sont spécifiquement suffisants pour couvrir les besoins respectifs, mais plutôt si le montant total est suffisant pour couvrir le niveau de subsistance socioculturel minimal. Il a déjà été tenu compte du fait que chaque personne n'a pas toutes les dépenses de consommation individuelles prévues chaque mois. Il faut donc également considérer que les autres résidents du logement collectif du demandeur peuvent avoir des besoins individuels qu'ils souhaitent et sont autorisés à couvrir indépendamment avec les fonds reçus. De plus, les prestations que perçoivent effectivement les autres résidents du logement collectif du demandeur ne sont pas claires. Il est probable que certaines des prestations de base réduites soient soumises à des restrictions d'éligibilité en vertu de l'article 1a de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG). En outre, il n'est pas clair si les autres résidents ont uniquement droit aux prestations en vertu de l'article 3 de l'AsylbLG ou selon les niveaux de prestations standard 3 à 6, ou s'ils perçoivent également des prestations en nature ou des revenus
Il existe un manque d'études empiriques démontrant que la vie en colocation engendre à elle seule une activité économique partagée produisant les économies et les synergies observées dans les ménages composés de couples (cf. Tribunal social de Landshut, décision du 24 octobre 2019 – S 11 AY 64/19 ER – ; Cour sociale supérieure du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, décision du 10 juin 2020 – L 9 AY 22/19 B ER – ; Tribunal social de Fribourg-en-Brisgau, décision du 3 décembre 2019 – S 9 AY 4605/19 ER – ; Tribunal social de Hanovre, décision du 20 décembre 2019 – S 53 AY 107/19 – ; Cour sociale supérieure de Saxe, décision du 23 mars 2020 – L 8 AY 4/20 B ER – ; Tribunal social de Francfort-sur-le-Main, décision du 14 janvier 2020). 2020). – S 30 AY 26/19 ER - ; SG Freiburg (Breisgau), décision du 20 janvier 2020 – S 7 AY 5235/19 ER - ; SG Munich, décision du 10 février 2020 – S 42 AY 82/19 ER - ; SG Berlin, décision du 19 mai 2020 – S 90 AY 57/20 ER -).
Il est plausible que les membres d'une même famille vivant sous le même toit entretiennent des liens si étroits qu'ils gèrent généralement leurs finances en commun (cf. BVerfGE 75, 382 <394> ; 87, 234 <256> ; BVerfG, décision du 27 juillet 2016 – 1 BvR 371/11 –, BVerfGE 142, 353-388, point 53). En l'absence d'une telle proximité, une gestion commune des finances n'est pas suffisamment plausible. Le gouvernement fédéral part également de ce principe : selon l'exposé des motifs de la loi relative à la détermination des besoins essentiels et à la modification des livres II et XII du Code social, un besoin réduit est en effet présumé pour les adultes qui ne vivent pas seuls du fait de leur cohabitation. Toutefois, ils se voient toujours attribuer l'allocation standard pour personnes seules, « car l'allocation réduite ne peut être suffisamment quantifiée pour tous les scénarios envisageables ». Une exception est faite pour les couples dont la cohabitation est caractérisée par des finances partagées, pour lesquels l'épargne du ménage doit être prise en compte même dans l'évaluation générale (BT-Drs. 18/9984).
Même en cas de vie en collectivité, une réduction générale des besoins ne peut être précisément quantifiée. Une relation étroite comparable à celle qui unit un couple n'est pas intrinsèquement présente. Contrairement aux personnes vivant en concubinage ou aux enfants adultes vivant chez leurs parents, les bénéficiaires d'aides sociales vivant en collectivité n'ont pas choisi volontairement de vivre avec d'autres personnes. Ils sont affectés à une collectivité spécifique par l'autorité compétente et, si nécessaire, au sein de cette collectivité (par l'exploitant), à un logement précis.
L’attribution est laissée à la discrétion de l’autorité compétente ou de l’exploitant. Idéalement, elle se fonde sur les pays ou régions d’origine, mais ce principe n’est pas garanti. Il est peu probable, voire certain, que les personnes contraintes par l’autorité responsable ou l’exploitant d’un logement collectif de partager certains locaux développent généralement des liens étroits permettant la mise en commun de leurs ressources financières (Tribunal social du Land de Saxe, décision du 23 mars 2020 – L 8 AY 4/20 B ER – ; Tribunal social de Munich, décision du 10 février 2020 – S 42 AY 82/19 ER –).
Un tel lien étroit ne découle pas simplement du fait que les personnes concernées « se trouvent dans la même situation de vie dans le cadre de la procédure d’asile, indépendamment de leur origine » et « forment de fait une communauté de destin », comme l’indique l’exposé des motifs de la loi (BT-Drs. 19/10052, p. 24). L’idée générale selon laquelle les personnes vivant en hébergement collectif se trouvent dans la même situation de vie est erronée (cf. Tribunal social de Francfort, décision du 14 janvier 2020 – S 30 AY 26/19 ER – ; Tribunal social de Hanovre, décision du 20 décembre 2019 – S 53 AY 107/19 – ; Cour sociale supérieure de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, décision du 10 juin 2020 – L 9 AY 22/19 B ER –). Les logements collectifs accueillent des personnes ayant des statuts de séjour variés, des perspectives de maintien en Allemagne différentes (dépendant notamment de leur histoire de persécution, de leur pays d'origine, de leur niveau d'études, etc.) et des situations sociales diverses (par exemple, bénéficiaires de prestations analogues au titre de l'article 2 de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile, de prestations de base au titre de l'article 3 de cette même loi, ou personnes soumises à des restrictions de prestations au titre de l'article 1a). Il n'est pas évident que des personnes ne se connaissant pas et vivant dans le même logement soient systématiquement tenues de partager les dépenses (cf. Tribunal social de Hanovre, décision du 20 décembre 2019 – S 53 AY 107/19 – ; Cour sociale supérieure de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, décision du 10 juin 2020 – L 9 AY 22/19 B ER –). L'application du niveau 2 de l'allocation standard ne saurait se justifier par le seul argument qu'il est « possible et raisonnable » pour les bénéficiaires de réaliser les « économies prévues » et que le partage des dépenses est « attendu » d'eux. Cette « obligation », assumée par le législateur, de faire tout son possible pour cohabiter harmonieusement dans un logement collectif, ne tient en aucun cas compte du besoin réel de logement. Ce n'est pas la possibilité de satisfaire les besoins, mais bien leur satisfaction effective qui ne saurait être négligée, dans le cas des personnes logées en collectivité, par un simple jugement de valeur. Le fait que le placement en logement collectif, contrairement aux appartements partagés classiques, ne soit pas volontaire, plaide contre l'exigence générale d'une gestion collective des finances par les personnes concernées.
De plus, la non-reconnaissance des besoins individuels, fondée uniquement sur l'obligation de partager les ressources, est injustifiable car il est impossible à l'individu de remplir cette obligation seul. Il dépend en effet de la coopération des autres colocataires pour réaliser des économies, sans avoir le droit légal d'exiger cette coopération. À cet égard également, il existe une différence avec les personnes vivant en couple. Ces dernières ont au moins la possibilité de quitter le logement collectif et de déclencher ainsi l'application de la loi relative aux prestations sociales (RBS 1). Les bénéficiaires de prestations sociales logés involontairement en collectivité ne disposent pas de cette possibilité.
L’article 2, paragraphe 1, phrase 4, point 1 de la loi relative aux prestations aux demandeurs d’asile (AsylbLG), dans sa version du 15 août 2019, peut être interprété, conformément à la Constitution, comme signifiant que les personnes ayant droit aux prestations partagent effectivement un foyer avec au moins une autre personne. La présomption fondamentale de constitutionnalité d’une loi implique qu’en cas de doute, elle doit être interprétée conformément à la Constitution. Le respect du pouvoir législatif exige que la volonté du législateur soit prise en compte autant que possible dans les limites constitutionnelles. Si, au regard du libellé, des travaux préparatoires, de l’interprétation systématique et de la finalité d’une disposition législative, différentes interprétations sont possibles, dont l’une devrait être rejetée comme inconstitutionnelle, tandis qu’au moins une aboutit à un résultat conforme à la Constitution, il n’est pas opportun de déclarer la disposition incompatible avec la Constitution.
Les limites de l'interprétation conforme à la Constitution découlent des méthodes d'interprétation reconnues. Une compréhension d'une norme juridique qui contredit la volonté clairement exprimée du législateur ne saurait être justifiée, même par une interprétation conforme à la Constitution (BVerfGE 130, 372 <397 et suiv.> ; voir aussi BVerfGE 83, 201 <214 et suiv.> ; 86, 288 <320> ; 122, 39 <60 et suiv.>). Une interprétation conforme à la Constitution est également exclue si la disposition ne comporte pas un contenu réglementaire suffisamment précis voulu par le législateur (voir BVerfGE 107, 104 <128>).
Sur la base de ces principes, une interprétation conforme à la Constitution de l'article 2, paragraphe 1, quatrième alinéa, point 1 de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) est à la fois possible et nécessaire. Cette disposition doit donc être comprise comme impliquant une coopération économique effective.
Le libellé de l'article 2, paragraphe 1, quatrième phrase, point 1 de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) n'exclut pas une telle interprétation, car la disposition ne contient aucune réglementation contradictoire et renvoie au livre XII du Code social allemand (SGB XII). L'historique législatif et l'objet de l'article 2 de l'AsylbLG ne révèlent aucune intention législative contraire. En particulier, l'exposé des motifs de la loi fait référence à plusieurs reprises et explicitement à une activité économique commune effective (Bundestag Printed Matter 19/10052, p. 23 et suiv.). L'objectif même de cette disposition est d'inclure tout avantage financier potentiel lié à la cohabitation. Cet objectif est atteint par l'interprétation retenue ici. Cette interprétation, conforme à la Constitution, contribue à éviter des préjudices excessifs dans les cas où les personnes concernées ne tirent aucun avantage économique de la cohabitation. Il existe par ailleurs suffisamment de cas justifiant l'application de cette réglementation
Avec les déclarations susmentionnées de la Chambre et du demandeur, la Chambre de jugement adopte tout cela après son propre examen, de sorte qu'aucune différence ne s'applique dans le cadre des articles 3 et 3a de la Loi sur les prestations aux demandeurs d'asile.
La Chambre est également convaincue que les déclarations ci-dessus sont compatibles avec le droit fondamental à un niveau de vie minimum digne, garanti par l'article 1, paragraphe 1, de la Loi fondamentale, combiné à l'article 20, paragraphe 1, de la même loi. Cette compatibilité ne peut être atteinte, le cas échéant, que par une interprétation conforme à la Constitution de l'article 3a, paragraphe 1, point 2b, de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG), ou de l'article 3a, paragraphe 2, point 2b, de l'AsylbLG, ou, en l'espèce, de l'article 2, paragraphe 1, quatrième phrase, point 1, de l'AsylbLG. Selon cette interprétation, l'application du niveau de prestation 2, critère non écrit, requiert la gestion collective effective et vérifiable du logement par le bénéficiaire de la prestation et les autres personnes logées collectivement. Il convient donc d'examiner au cas par cas s'il existe une « participation financière réelle et vérifiable à la gestion (conjointe) du ménage », c'est-à-dire si le bénéficiaire vit et gère ses finances avec d'autres personnes (par exemple, en faisant les courses et en préparant les repas ensemble) et si cela entraîne une diminution de ses besoins, notamment alimentaires. Toutefois, le bénéficiaire a également droit aux loisirs, aux divertissements et à la culture, et en cas de doute, la charge de la preuve incombe au fournisseur de prestations, conformément à la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG). (Voir également Frerichs in jurisPK-SGB XII, § 3a AsylbLG, paragraphes 40 et suivants).
Dans le même temps, le tribunal est convaincu, au vu de la déclaration personnelle du demandeur, que ce dernier n'a pas exercé de gestion financière commune ayant force de loi au sens susmentionné depuis le 1er janvier 2020, et que la présomption du législateur est donc réfutée. Les actions non orientées vers cet objectif, ainsi que la préparation occasionnelle, voire intermittente, de repas en commun, sont insuffisantes à cette fin. Dès lors, on ne saurait présumer que le demandeur gère des finances à partir d'une source unique et réalise ainsi des économies réelles, comme c'est le cas pour les familles, les couples vivant en concubinage, les pacs, les personnes vivant en résidence partagée ou les situations similaires.
Cela est d'autant plus vrai dans le contexte de la pandémie de Covid-19, en vigueur depuis au moins mars 2020, et des restrictions de contact imposées depuis, notamment des confinements répétés d'intensité variable, qui devraient rendre une telle situation juridiquement et pratiquement impossible dans le logement collectif occupé par le plaignant. Le défendeur lui-même ne prétend d'ailleurs pas que tel soit le cas, car cela révélerait en fin de compte une négligence non seulement de la part de l'exploitant de l'établissement, mais aussi de sa propre part.
La plainte devait donc être acceptée.
La décision relative aux frais suit l'article 193 SGG.
En raison de l’importance fondamentale de l’affaire, la Chambre a expressément admis le recours, qui serait autrement irrecevable en raison du montant du recours.
Vous trouverez ci-dessous des informations sur les recours légaux.


