Tacheles Legal Case Law Ticker Semaine 8/2021

1. Décisions des tribunaux sociaux d'État sur le soutien du revenu de base aux demandeurs d'emploi (SGB II)

1.1 – Tribunal social du Land de Berlin-Brandebourg, arrêt du 13 janvier 2021 – L 14 AS 1933/17

Prestations pour garantir les moyens de subsistance – décision finale – revenu moyen – travail indépendant – délai d’approbation – délai de versement – ​​réduction – radiation

Aucune dérogation ni aucun retrait de la demande de prestation ne sera accordé si les revenus sont particulièrement élevés au cours de certains mois

Principe directeur (Note de l'éditeur)
1. Il n'est généralement pas possible de raccourcir la période d'approbation en se désinscrivant.

2. De même que le bénéficiaire ne peut pas se « désinscrire » pendant une période de prestations en cours afin qu'un héritage reçu devienne un actif protégé (au lieu d'un revenu imposable) (cf. Tribunal social de l'État – LSG – Berlin-Brandebourg, arrêt du 16 novembre 2010 – L 18 AS 1826/08), une « désinscription » n'est pas possible dans ce cas pour obtenir une non-prise en compte du revenu (élevé) reçu.

3. L'article 3, paragraphe 1, phrase 3 du Règlement sur les allocations de chômage II (Alg II-V) n'est pas applicable aux cas dans lesquels – comme ici – un emploi rémunéré est exercé pendant toute la période d'allocation, mais où les revenus ne sont générés que pendant certains mois (LSG Saxe-Anhalt, décision du 26 mars 2014 – L 2 AS 720/13 NZB) ou dans lesquels les revenus sont particulièrement élevés pendant certains mois.

Source : socialcourtsability.de

Note :
Principe juridique (Juris)
La durée légalement prescrite de la période d'approbation au sens d'une période de distribution ne peut être raccourcie par une « radiation » de la réception des prestations.

Conseil juridique :
a. Avis : Tribunal social de Berlin, arrêt du 29 juillet 2013 – S 197 AS 15266/10 – Il est généralement possible de réduire la durée d’indemnisation en se désinscrivant. La désinscription, non prévue par le livre II du Code social allemand (SGB II), s’entend comme une renonciation (art. 46, al. 1 SGB I) au droit à l’allocation chômage de niveau II déjà accordé.

1.2 – Tribunal social du Land de Saxe-Anhalt, arrêt du 25 novembre 2020 – L 4 AS 139/19

Obligation répétée du demandeur de soumettre une demande de pension de retraite anticipée – aucune audience

Principe (Juris)
1. Il n’existe pas d’obligation générale pour le tribunal de travailler à l’élimination des erreurs de procédure et de forme dans la procédure administrative d’une autorité ou de permettre cette élimination (BSG, Arrêt du 26 juillet 2016 – B 4 AS 47/15 R -, BSGE 122, 25-34).

2. Un sursis à statuer en vue d’une audience ultérieure manque de la rapidité nécessaire en termes de concentration procédurale si le bénéficiaire perçoit actuellement une pension de vieillesse standard.

Source : socialcourtsability.de

1.3 – Tribunal social du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, arrêt du 3 décembre 2020 – L 6 AS 1651/17 – Pourvoi admis

Concernant la question de savoir si la pension Contergan peut être prise en compte comme prestation de tiers pour couvrir les besoins supplémentaires découlant de l'article 21, paragraphe 6, du livre II du Code social allemand (SGB II) – La question de savoir si et dans quelles conditions les prestations de tiers doivent être prises en compte lors de la détermination des besoins spéciaux conformément à l'article 21, paragraphe 6, du SGB II, et à quelles options d'épargne les personnes concernées peuvent se référer, n'a pas encore été clarifiée par la plus haute juridiction

Principe directeur (Éditeur) :
La pension Contergan ne peut être créditée en tant qu'aide d'un tiers pour couvrir les besoins supplémentaires découlant de l'article 21, paragraphe 6, du livre II du Code social allemand (SGB II) – en l'occurrence, les besoins supplémentaires liés aux coûts d'électricité engendrés par l'utilisation permanente d'appareils électriques dans son propre appartement.

Note de l'éditeur :
1. Le bien en copropriété ne constitue pas un actif susceptible d'entraîner la perte de l'éligibilité à l'aide, sa vente constituant un préjudice excessif (art. 12, al. 3, n° 6 du SGB II). Ceci se justifie par le fait que l'acquisition de l'appartement a été financée en grande partie par des fonds provenant de l'assurance-vie pour les victimes de la thalidomide et de la contribution compensatoire. À cet égard, le principe juridique énoncé à l'article 11a du SGB II doit être appliqué.

2. La décision législative fondamentale de laisser aux personnes concernées le soin de verser les indemnités prévues à l'article 11a du livre II du Code social allemand (SGB II) ou à la loi relative à l'indemnisation des victimes de persécutions national-socialistes (ContStifG), sans les contraindre à couvrir leurs besoins essentiels, n'est pas contredite par l'article 21, paragraphe 6, du SGB II. En effet, même les besoins supplémentaires excédant l'allocation de base prévue à l'article 21, paragraphe 6, du SGB II font partie des prestations de subsistance destinées à garantir un niveau de vie minimal aux bénéficiaires concernés.

3. Outre l'allocation pour besoins particuliers prévue à l'article 21, paragraphe 7, du livre II du Code social allemand (SGB II), une allocation supplémentaire pour les frais d'électricité excédant la part incluse dans l'allocation de base (s'élevant à 26,80 euros) doit également être envisagée, notamment lorsque cette augmentation est inévitable en raison de circonstances particulières. Dans ce cas, et sous réserve du respect des autres conditions, une allocation supplémentaire pour la consommation d'électricité peut être accordée conformément à l'article 21, paragraphe 6, du SGB II (dans sa version applicable depuis le 3 juin 2010).

4. Ces conditions sont réunies en l'espèce. La plaignante dépend de l'utilisation continue d'appareils électriques pour ses besoins quotidiens, appareils qui ne seraient pas nécessaires, ou du moins pas dans cette mesure, dans le cadre d'une gestion domestique moyenne et économique.

5. En raison de son handicap, elle a besoin d'utiliser non seulement un lave-linge, comme c'est le cas dans la plupart des foyers, mais aussi un sèche-linge. On ne peut exiger d'elle qu'elle sèche son linge manuellement sur un étendoir, car elle est physiquement incapable d'effectuer les tâches nécessaires. De même, de l'avis du Sénat, il est déraisonnable d'exiger d'elle qu'elle emploie une aide permanente à cet effet.

6. De plus, la plaignante a besoin d'un congélateur pour congeler les aliments préparés par son assistante. Elle a également besoin d'un lave-vaisselle pour laver la vaisselle, qu'elle ne peut raisonnablement laver à la main dans l'évier aussi souvent que nécessaire.

7. Les surcoûts d'électricité qui en résultent, dont le Sénat est convaincu qu'ils sont également nettement supérieurs aux besoins moyens, sont inévitables au sens de l'article 21, paragraphe 6, deuxième alinéa, du livre II du Code social allemand (SGB II), car ils ne peuvent être couverts ni par des contributions de tiers ni par la prise en compte des économies potentielles du demandeur. De plus, le demandeur ne dispose d'aucune contribution de tiers pour couvrir ces coûts. En particulier, ceux-ci ne proviennent pas des prestations prévues par la loi allemande sur les fondations contributives (ContStifG).

Source : socialcourtsability.de

2. Décisions des tribunaux sociaux d'État sur la loi relative à la promotion de l'emploi (SGB III)

2.1 – Tribunal social du Land de Hesse, arrêt du 18 décembre 2020 – L 7 AL 29/18 – exécutoire

Octroi d’une subvention de démarrage – Aucun droit à une subvention de démarrage n’est accordé s’il ne reste plus aucun droit aux allocations de chômage

Principe (Note de l'éditeur) :
Le début d'une activité indépendante, en tant qu'événement réel, ne peut être anticipé (voir également le Tribunal social supérieur de Hambourg, arrêt du 7 novembre 2018 – L 2 AL 5/18). De même, on ne saurait présumer que le demandeur bénéficiait encore d'un droit aux allocations chômage d'au moins 150 jours au moment du démarrage de son activité. En l'espèce, les conséquences d'une éventuelle erreur de conseil ne peuvent être réparées que par l'octroi de dommages et intérêts.

Source : socialcourtsability.de

3. Décisions des tribunaux sociaux d’État et des tribunaux sociaux d’assistance sociale (SGB XII)

3.1 – Tribunal social du Land de Rhénanie-Palatinat, arrêt du 28 janvier 2021 – L 1 SO 71/19

Aucune succession de fonctions dans le domaine de l'assistance à l'intégration

Principe (Juris)
: La loi visant à renforcer la participation et l'autodétermination des personnes handicapées (loi fédérale sur la participation – BTHG) a profondément modifié l'aide à l'intégration. De ce fait, il est impossible d'envisager une succession fonctionnelle de la part des organismes responsables.

Source : socialcourtsability.de

3.2 – Tribunal social de Munich, décision du 03.02.2021 – S 46 SO 29/21 ER

L’aide sociale ne couvre pas le coût des masques de protection FFP2

Principe directeur (Note de l'éditeur)
1. Le demandeur doit payer les masques FFP2 à partir de l'allocation standard.

2. Il n'existe aucun droit à une fixation de taux standard plus élevée conformément à l'article 27a, paragraphe 4, phrase 1, n° 2 du Code social allemand, livre XII (SGB XII), car le besoin supplémentaire de masques FFP2 ne dépasse pas les besoins moyens de manière significative et, de plus, les dépenses supplémentaires peuvent être compensées par une réduction des dépenses dans d'autres domaines de besoin.

3. Il n’existe également aucun droit en vertu de l’article 73 du Code social allemand, livre XII (SGB XII).

Source : socialcourtsability.de

Conseil juridique :
Concernant le Code social allemand, Livre II (SGB II) : Tribunal social de Karlsruhe, décision du 11 février 2021 – S 12 AS 213/21 ER – Allocation supplémentaire Hartz IV de 129 € par mois civil pour les masques FFP2 – 20 masques FFP2 par semaine pour les bénéficiaires du programme Hartz IV

4. Décisions relatives au droit d'asile et à la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG)

4.1 – Tribunal social de Basse-Saxe-Brême – Décision du 11 février 2021 – Affaire n° : L 8 AY 76/20 B ER

Dispositions légales : articles 3 et 3a de la loi sur l’asile (AsylbLG), article 2 de la loi sur l’asile (AsylbLG) – Mots-clés : Roms, Kosovo, apatrides, dépôt de documents, passeport requis, prolongation de séjour non abusive, niveau de besoins standard 2b, Hildesheim, Senkingstraße 10a

Source : Maître Sven Adam

5. Informations diverses sur la loi Hartz IV, l'aide sociale, le droit d'asile, le droit du logement et d'autres codes juridiques

5.1 – Demandes d’allocations familiales de citoyens de l’UE

De nombreux centres de conseil ont constaté ces derniers mois un durcissement significatif des pratiques des services d'aide aux familles concernant l'examen des demandes d'allocations familiales des citoyens de l'UE. Ce durcissement est dû en partie à une modification de la législation allemande intervenue durant l'été 2019, qui, selon nous, est manifestement contraire au droit de l'UE. Par ailleurs, les services d'aide aux familles (peut-être en vertu d'une directive non publiée ?) ont considérablement renforcé les exigences relatives au nombre et au type de documents que les citoyens de l'UE doivent fournir pour justifier leurs demandes d'allocations familiales. Nombre de ces documents sont totalement superflus pour l'évaluation du droit aux allocations (par exemple, les certificats de crèche ou les justificatifs de paiement de la redevance audiovisuelle). De plus, ces exigences rendent difficile, dans les faits, l'obtention des allocations familiales pour les citoyens de l'UE, ou allongent considérablement les délais de traitement, qui peuvent atteindre plusieurs mois, voire plusieurs années.

Vous trouverez un exemple de lettre d'un bureau des prestations familiales ici : www.ggua.de

5.2 – Droit aux masques médicaux en vertu de la Loi sur les prestations aux demandeurs d’asile (AsylbLG)

Le ministère de l'Intégration de Rhénanie-Palatinat a publié une circulaire expliquant le droit au port du masque médical pour les personnes bénéficiant de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG). Les interprétations juridiques qui y figurent sont applicables à tous les Länder, l'AsylbLG étant une loi fédérale et l'obligation de porter un masque médical dans les transports en commun, les commerces, etc., étant de rigueur dans tous les Länder.

La lettre précise ce qui suit :
– Les coûts des masques médicaux ne sont pas inclus dans les prestations de base prévues par l’article 3/3a de la loi relative aux prestations aux demandeurs d’asile (AsylbLG) ni dans les prestations analogues prévues par l’article 2 de la même loi. Ils doivent donc être pris en charge en sus par les services sociaux.

– Pour les bénéficiaires de prestations de base, la base juridique est l’article 6 de la loi sur l’asile (AsylbLG) ; pour les bénéficiaires de prestations analogues, la base juridique est l’article 73 de la loi fédérale allemande sur le revenu (SGB XII).

Plus d'informations : www.ggua.de

Sa ajoute :
Depuis début février, les bénéficiaires de l’allocation Hartz IV ont également droit à des masques FFP2 gratuits. En revanche, les bénéficiaires de l’aide sociale et les demandeurs d’asile n’y ont pas droit. Marje Mülder explique pourquoi il s’agit d’une inégalité anticonstitutionnelle.

Lire la suite : twitter.com

5.3 – Le paiement par une victime d’escroquerie à un escroc au mariage n’est pas socialement injuste – Tribunal social du Bade-Wurtemberg, arrêt du 20 octobre 2020 – L 9 AS 98/18

Le tribunal social supérieur de Stuttgart (LSG Stuttgart) a cassé la décision du centre pour l'emploi de réclamer une indemnisation à un bénéficiaire du Hartz IV qui avait versé plus de 25 000 € à un escroc sentimental et s'était ainsi retrouvé sans ressources.

Résumé :
Une demande d'indemnisation au titre de l'article 34, paragraphe 1, du livre II du Code social allemand (SGB II) suppose un comportement socialement inacceptable. Or, K n'a pas agi de manière socialement inacceptable. Cette condition ne s'applique qu'à la création intentionnelle d'un besoin d'assistance. Il n'incombe généralement pas aux autorités publiques d'examiner si ce besoin d'assistance est apparu de manière compréhensible, naïve, imprudente ou moralement répréhensible. La limite est plutôt fixée lorsque des biens sont délibérément gaspillés dans le but de créer ce besoin d'assistance. Rien ne prouve cela. Au contraire, K semble avoir été victime d'une escroquerie. Même si K aurait dû se méfier et aurait facilement pu démasquer la stratégie de M grâce à des recherches sur Internet, il n'était pas le seul à se laisser prendre. Il est fréquent que les victimes d'escroquerie présentent un comportement objectivement incompréhensible pour les observateurs extérieurs et a posteriori. Cependant, cela ne signifie pas pour autant que ce comportement doive être considéré comme socialement inacceptable. Par ailleurs, seul un acte administratif déclaratoire relatif à l'acceptabilité sociale du comportement ayant motivé la demande d'indemnisation pourrait faire l'objet d'une décision fondamentale au sens de l'article 34 du livre II du Code social allemand (SGB II). Le centre pour l'emploi n'était donc pas habilité à établir, par principe, la responsabilité d'indemniser le demandeur.

Ce jugement n'est pas juridiquement contraignant ; le centre pour l'emploi peut faire appel de la décision devant le Tribunal social fédéral.

Avertissement légal :
Conformément à l’article 34, paragraphe 1, du livre II du Code social allemand (SGB II), dans sa version applicable à compter du 1er août 2016, toute personne qui, après avoir atteint l’âge de 18 ans, crée intentionnellement ou par négligence grave les conditions de perception de prestations au titre du SGB II pour elle-même ou pour les personnes vivant avec elle dans un foyer bénéficiant de prestations, sans motif légitime, est tenue de rembourser les avantages, en espèces ou en nature, qui en résultent. La création de ces conditions inclut également le fait d’accroître, de maintenir ou de ne pas réduire le besoin d’assistance. Le remboursement comprend également les cotisations de sécurité sociale versées. Le remboursement est exclu s’il entraîne un préjudice excessif.

Source : Communiqué de presse du Tribunal social de Stuttgart en date du 15 février 2021

5.4 – P-Account 2.0 ? – Un aperçu des principaux changements introduits par la loi sur le développement ultérieur de la loi sur la protection des comptes de saisie (PkoFoG)

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5.5 – Réfugiés : Le gouvernement fédéral ignore si les sanctions sont efficaces à l’égard des demandeurs d’asile

Lire la suite : www.sueddeutsche.de

5.6 – PM : Le tribunal social de Basse-Saxe-Brême renforce les droits des réfugiés roms et de tous les résidents célibataires du complexe immobilier situé au 10a, Senkingstraße à Hildesheim

Communiqué de presse du 15 février 2021 concernant deux décisions du Tribunal social de Basse-Saxe-Brême, datées du 4 février 2021 et du 11 février 2021

Le tribunal social de Basse-Saxe-Brême (LSG) a considérablement renforcé les droits des réfugiés roms du Kosovo lors de deux procédures accélérées (affaires n° L 8 AY 118/20 B ER et L 8 AY 76/20 B ER) en l'espace d'une semaine. Le tribunal a ordonné au district de Hildesheim d'accorder aux requérants des allocations de subsistance nettement supérieures au titre de la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile, en se fondant sur des éléments fondamentaux. Ces décisions concernent également les droits de tous les résidents du complexe immobilier situé au 10a, Senkingstraße à Hildesheim.

Suite de l'entretien avec l'avocat Sven Adam

Note de la rédaction : En raison d’une maintenance du serveur, le site web www.sozialgerichtsbarkeit.de actuellement indisponible.

Auteur du fil d'actualités juridiques : Detlef Brock, rédacteur en chef de Tacheles

Source : ticker de jurisprudence Tacheles