PM : La police de Hambourg reconnaît l’illégalité du recours important à la force contre des passants non impliqués lors du sommet du G20, après près de 5 ans de procédure judiciaire

Dans deux affaires portées devant le tribunal administratif de Hambourg (numéros 6 K 8497/17 et 6 K 10186/17), la police de Hambourg a reconnu l'illégalité des violences physiques graves infligées par des policiers lors du sommet du G20 à Hambourg en 2017. Le tribunal administratif a ensuite rendu des jugements par défaut le 24 juin 2022, confirmant l'illégalité des agissements policiers contestés. Cette reconnaissance par la police faisait suite aux indications du tribunal administratif, qui avait exprimé des doutes quant à la légalité des mesures lors d'une audience le 11 mai 2022. Il semble que la police ait cherché à éviter de recueillir des preuves.

Le litige porte sur des violences policières commises par des agents de police saxons à l'encontre de deux personnes : une femme de 28 ans et un homme de 32 ans. Tous deux circulaient à vélo dans le quartier de Holstenglacis dans la nuit du 7 au 8 juillet 2017 et comptaient franchir un cordon de police, alors encore ouvert, pour rentrer chez eux. Sans prévenir, des policiers leur ont barré la route, les ont invectivés et, en particulier, ont violemment fait tomber la femme de son vélo, lui fracturant le bras. Ils l'ont ensuite traînée jusqu'à un terre-plein central près de Sievekingplatz et l'y ont laissée, le bras cassé et le dos blessé. L'homme, qui a appelé à l'aide à plusieurs reprises, a été repoussé et frappé à plusieurs reprises par les policiers. Tous deux ont dû être hospitalisés et souffrent encore aujourd'hui des graves séquelles de ces agressions.

Après plusieurs années d'inaction de la part du système judiciaire de Hambourg et suite à une plainte pour retard excessif déposée en vertu de la loi constitutionnelle sur les tribunaux en 2020, le tribunal a programmé une audience en mai 2022, a exposé son avis juridique préliminaire et a proposé un règlement à l'amiable. Cette proposition a été rejetée par les plaignants, qui ont alors exigé une audience publique pour la présentation des preuves.

La police a anticipé le recueil de preuves en reconnaissant le vice de procédure dans les deux procédures. Aucun autre recueil de preuves n'aura lieu.

«Nous supposons que la police souhaite préserver l'image d'une autorité de sécurité censée être légitime dans le cadre du sommet du G20 et a donc entravé le recueil de preuves. De ce fait, l'illégalité de l'usage de la force par la police, établie par le tribunal, contredit l'affirmation d'une action policière légitime», explique Sven Adam, avocat à Göttingen qui représente le plaignant, décrivant son analyse du comportement procédural de la police.

«Il s'agit d'une violence brutale, soudaine et injustifiée, aux conséquences graves, infligée à notre client. Cependant, l'identification des auteurs est impossible car l'unité de Saxe, vraisemblablement impliquée, garde le silence. Ni la Saxe ni Hambourg ne manifestent le moindre intérêt pour faire la lumière sur cette affaire», déplore l'avocat Christian Woldmann, exprimant sa frustration face au comportement de la police durant la procédure.