DÉCISION
Dans le litige juridique
xxx,
Demandeur,
Représentant légal :
Me Sven Adam
Lange, Geismarstraße 55, 37073 Göttingen
contre
District d'Offenbach,
Comité de district Département de la surveillance des collectivités locales et du droit,
Werner-Hilpert-Straße 1, 63128 Dietzenbach,
Défendeur,
La 16e chambre du tribunal social de Darmstadt a décidé le 18 avril 2023, par l'intermédiaire de son président, le juge xxx du tribunal social :
Le défendeur doit rembourser au demandeur ses frais extrajudiciaires.
RAISONS
La demande du demandeur en remboursement des frais extrajudiciaires par le défendeur est recevable et bien fondée.
Si un litige est réglé autrement que par jugement, le tribunal, saisi par une partie, doit ordonner quelle partie supporte les frais nécessaires à la poursuite ou à la défense de ses droits (article 193, paragraphe 1, deuxième phrase et paragraphe 2 de la loi sur les tribunaux sociaux [LTS]). Cette décision relève du pouvoir discrétionnaire du tribunal et n'est liée ni par les requêtes ni par l'issue du litige (cf. Meyer-Ladewig, Commentaire sur la LTS, 13e éd., article 193, note marginale 12). Toutefois, l'issue du litige ainsi que la situation de fait et de droit doivent être pris en compte dans l'exercice de ce pouvoir discrétionnaire. Le tribunal peut également examiner s'il existait un motif légitime d'engager la procédure (Meyer-Ladewig, ibid., article 193, note marginale 12b). Le tribunal doit cependant tenir compte de toutes les circonstances particulières de l'espèce. Il ne peut fonder sa décision uniquement sur l'issue du litige. Même la partie gagnante peut être condamnée au remboursement des frais en vertu du principe de causalité. Le tribunal peut examiner le motif de l'action, par exemple si le défendeur a provoqué l'action par une gestion inappropriée du dossier ou a contribué à la confusion par des déclarations ambiguës, ou inversement, si le demandeur a occasionné des frais inutiles (Meyer – Ladewig, op. cit., § 193, par. 12b et références complémentaires).
En application de ces principes, le défendeur est tenu, en l'espèce, de supporter les frais extrajudiciaires du demandeur. Le remboursement des frais par le défendeur est équitable dans ce cas. Étant donné que la décision discrétionnaire à prendre en application de l’article 193 de la loi sur les tribunaux sociaux (SGG) est une décision discrétionnaire fondée sur l’équité, dans laquelle toutes les circonstances de l’affaire individuelle peuvent être prises en compte, l’accent principal ne devrait pas être mis sur le succès de l’action, mais plutôt sur une pondération de tous les critères (cf. Tribunal social supérieur de Basse-Saxe-Brême [1], arrêt du 19 mars 2014 – L 13 AS 233 / 12 -; Juris).
Dans la présente instance, le critère des chances de succès au fond, après pondération de tous les critères pertinents, est primordial. Le demandeur a obtenu gain de cause sur toute la ligne. En effet, les dispositions déterminantes pour l'issue de cette instance, à savoir les articles 3, 3a, paragraphe 1, point 2, et paragraphe 2, point 2, de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG), sont jugées inconstitutionnelles par analogie avec l'arrêt de la Cour constitutionnelle fédérale du 19 octobre 2022 (affaire n° 1 BvL 3/21) concernant la disposition identique figurant à l'article 2, paragraphe 1, quatrième phrase, point 1, de l'AsylbLG. Cette interprétation sous-tend également la reconnaissance de responsabilité du défendeur dans le présent litige. Au moins sur la base de cet arrêt de la Cour constitutionnelle fédérale, le demandeur est fondé à réclamer au défendeur une indemnité plus élevée pour la période litigieuse.
En raison du succès obtenu par le demandeur dans la procédure principale, le défendeur est tenu de rembourser à ce dernier ses frais extrajudiciaires, en tenant compte de tous les critères pertinents.
Le recours contre cette décision est exclu conformément à l’article 172, paragraphe 3, de la loi sur les tribunaux sociaux (SGG).


