Par décision du 26 janvier 2021, le tribunal social du Land de Basse-Saxe-Brême, dans le cadre de la procédure enregistrée sous le numéro de dossier L 8 AY 21/19, a soumis la question suivante à la Cour constitutionnelle fédérale pour décision :
La question est de savoir si l'article 3, paragraphe 2, alinéas 1 et 2, de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG), ainsi que l'article 3, paragraphe 2, alinéa 5, combiné au paragraphe 1, alinéas 5 et 8, de l'AsylbLG dans sa version applicable en 2018, telle que publiée dans les annonces du 20 octobre 2015 (Journal officiel fédéral I 1722) et du 11 mars 2016 (Journal officiel fédéral I 390), ainsi que dans l'annonce du ministère fédéral du Travail et des Affaires sociales du 26 octobre 2015 (Journal officiel fédéral I 1793), sont compatibles avec la Loi fondamentale.
La procédure est fondée sur une affaire de 2018, selon laquelle le plaignant n'avait pas encore résidé en République fédérale d'Allemagne pendant plus de 15 mois (maintenant 18 mois) au cours de la période de prestations contestée et a donc reçu les prestations dites de base conformément à l'article 3 de la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG).
La Cour est convaincue que même une réduction des prestations liées à la durée du séjour, par l'octroi de prestations de base au titre de l'article 3 de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) au lieu des prestations dites analogues prévues à l'article 2 de la même loi, est incompatible avec la Loi fondamentale. Selon la Cour, le législateur n'a pas suffisamment démontré que la durée du séjour a un impact concret sur les besoins de subsistance ni dans quelle mesure cela justifierait le niveau des prestations en espèces prévu par la loi.
Le raisonnement exposé par le Tribunal social de Basse-Saxe-Brême dans sa décision de renvoi du 26 janvier 2021, concernant la situation juridique de 2018, est parfaitement applicable à la situation juridique actuelle. Même après la modification de la loi le 1er septembre 2019, l'absence d'évaluation de la prétendue réduction des besoins liée à un séjour inférieur à 36 mois demeure. Par conséquent, les prestations actuellement accordées au titre des articles 3 et 3a de la loi relative aux prestations aux demandeurs d'asile (AsylbLG) pendant les 36 premiers mois de résidence en Allemagne pourraient également être inconstitutionnelles.
Mise à jour du 6 août 2026 : La Cour constitutionnelle fédérale a statué : le Premier Sénat a déclaré l’article 3 de la loi relative aux prestations aux demandeurs d’asile (AsylbLG), dans sa version antérieure applicable de septembre 2018 à août 2019, incompatible avec l’article 1, paragraphe 1, combiné à l’article 20, paragraphe 1, de la Loi fondamentale (GG), en raison du niveau des prestations de base. Le législateur avait supprimé des postes de dépenses des sections 9 (Loisirs/Culture) et 10 (Éducation) de l’Enquête sur les revenus et les dépenses (ERD) sans fondement empirique, avait ignoré les besoins supplémentaires potentiels (conseils juridiques, communication) et n’avait pas mis à jour en temps voulu la base de calcul, malgré la disponibilité de l’ERD de 2013. La période d’application de 15 mois des prestations de base elles-mêmes, ainsi que l’article 2, paragraphe 1, de l’AsylbLG concernant les personnes bénéficiant d’un statut de séjour toléré, restent incontestés. Malgré la constatation d'inconstitutionnalité, le Sénat a ordonné le maintien de la validité du règlement – aucun remboursement rétroactif ne sera effectué pour les personnes concernées.
La décision suit un schéma bien connu : des objections de procédure sans conséquences de fond. Pour la plaignante – une mère et son enfant vivant sous le seuil de pauvreté –, leur éventuelle victoire n’aura aucune incidence sur l’issue du procès. Contrairement à 2012 (BVerfGE 132, 134), où un règlement transitoire concret assorti de valeurs de référence avait été adopté, le Sénat reste cette fois-ci vague, laissant au législateur le soin d’apporter les améliorations nécessaires. Les nombreuses déclarations (Ordre des avocats allemand, organisations caritatives, Institut de recherche sur l’emploi, HCR), qui soulignaient des besoins structurels supplémentaires et une hypothèse de nécessité à court terme empiriquement contestable, n’ont que peu d’influence sur le critère d’examen ou les conséquences juridiques. Le délai de 15 mois, non contesté, contraste fortement avec les conclusions présentées, selon lesquelles de nombreuses personnes concernées résident en réalité en Allemagne pendant des années.
Groupe de personnes concerné :
Tous les bénéficiaires de prestations de base conformément aux articles 3 et 3a de la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile (toutes les personnes qui ne sont pas en Allemagne depuis plus de 36 mois et/ou qui sont accusées d'une prolongation abusive de leur séjour)


