L'ordre de quitter les lieux est l'un des instruments les plus fréquemment utilisés par la police pour prévenir les dangers. Il interdit à une personne de demeurer dans un lieu précis pendant une certaine durée et porte ainsi atteinte à la liberté de circulation (article 2, paragraphe 2, deuxième phrase de la Loi fondamentale). Cette pratique est courante, notamment lors des rassemblements – souvent accompagnée de contrôles d'identité, de détentions ou de procédures d'identification – et affecte donc également la liberté de réunion (article 8 de la Loi fondamentale).
Il est nécessaire qu'un danger concret émanant de la personne concernée soit établi ; une approche systématique à l'encontre de plusieurs personnes ou le recours à des comportements passés ne justifient pas une mesure d'éloignement. De plus, des formalités s'appliquent en matière de notification effective et, si l'application de la mesure implique l'usage de la force, d'avertissement préalable en bonne et due forme.
En pratique, les injonctions de quitter les lieux résistent rarement à un contrôle judiciaire. Comme elles deviennent généralement caduques avant même qu'une action en référé puisse être intentée devant les juridictions administratives, le contrôle judiciaire s'effectue généralement a posteriori par le biais d'une action en jugement déclaratoire – notamment pour faire cesser les conséquences telles que le stockage de données.


