Réactions

sur la décision du tribunal administratif de Coblence concernant le « profilage ethnique »

L'Initiative des personnes noires en Allemagne
déclare : « La décision du tribunal administratif de Coblence viole non seulement l'article 3, paragraphe 1 de la Loi fondamentale allemande, qui stipule : « Tous les êtres humains sont égaux devant la loi », mais également le paragraphe 3 du même article : « Nul ne peut être désavantagé ou favorisé en raison de son sexe, de son ascendance, de sa race, de sa langue, de son pays d'origine, de sa religion ou de ses opinions religieuses ou politiques. Nul ne peut être désavantagé en raison de son handicap. » » Depuis un certain temps, les personnes noires dénoncent régulièrement les contrôles d'identité ciblés dans les gares, les aéroports et autres lieux publics, même ceux situés loin des frontières. Les agissements de la police fédérale et locale sont systématiquement qualifiés de « profilage racial ». Les autorités nient régulièrement cette pratique, invoquant la légalité des « contrôles sans suspicion ». Or, les contrôles fondés sur des préjugés racistes sont tout sauf « sans suspicion » : ils reposent sur une suspicion générale à l'égard des personnes noires, suspicion que le tribunal administratif de Coblence a désormais légitimée, voire confirmée, par voie judiciaire.
www.isdonline.de


L’Agence fédérale de lutte contre les discriminations (ADS)
a déclaré : « Le fait que le tribunal qualifie les contrôles d’identité effectués par la police sur la base de la couleur de peau d’intrusion mineure est, à notre avis, totalement déconnecté de la réalité », a déclaré Christine Lüders, directrice de l’ADS, jeudi à Berlin, après avoir examiné le raisonnement du tribunal. « Ces contrôles ont de graves conséquences pour la cohésion sociale en Allemagne et pour nos efforts de prévention des discriminations », a-t-elle ajouté. Les personnes concernées font régulièrement part à l’ADS de leur profonde détresse face à cette association publique à des activités criminelles. (...) L’ADS a contacté à plusieurs reprises la police fédérale au sujet de ces plaintes. En octobre dernier, elle a reçu l’assurance que l’origine ethnique n’entrait pas en ligne de compte lors des contrôles d’entrée et de sortie à l’aéroport, en s’appuyant sur le code frontières Schengen. L’article 6 de ce code interdit toute discrimination fondée sur l’origine ethnique lors de ces contrôles.
www.ads.bund.de


Le Conseil des migrations de Berlin-Brandebourg a déclaré
: « Cette décision n’est pas seulement un feu vert pour que la police allemande poursuive ses contrôles racistes sans entrave, elle lui fournit également un fondement juridique que les agents peuvent invoquer en cas de doute (par exemple, en cas de poursuites judiciaires). » Angelina Weinbender, du Conseil des migrations de Berlin-Brandebourg, a ajouté : « De plus, elle encourage et renforce les schémas de pensée racistes au sein de la police et de la société allemande majoritairement blanche. L’affaire de Coblence démontre une fois de plus que les attitudes racistes ne peuvent prospérer que grâce aux institutions, aux lois, aux décisions de justice et aux textes prétendument scientifiques. »


Le Groupe de travail sur l'asile de Rhénanie-Palatinat
: « Dans le cadre de notre travail auprès des réfugiés, nous constatons régulièrement que certains d'entre eux sont contrôlés par la police fédérale dans les trains. Actuellement, ce sont principalement de jeunes Afghans voyageant de Sarrebruck vers la Rhénanie-Palatinat qui sont de plus en plus souvent interpellés. D'après la fiche de mission de la police fédérale, il semble que chaque contrôle dépasse les bornes. La couleur de peau, l'apparence et l'âge des personnes contrôlées semblent être utilisés comme motifs. Nous considérons cela comme extrêmement problématique, car certains groupes de personnes sont ciblés sur la base de caractéristiques externes. »
www.asyl-rlp.org


Institut allemand des droits de l'homme
: « Bien que la loi sur la police fédérale autorise cette dernière à effectuer des contrôles dits « sans soupçon » dans certaines zones (aéroports, gares, trains et zones frontalières) afin de prévenir l'entrée illégale, cela ne signifie pas qu'elle puisse violer l'interdiction fondamentale de discrimination lors de la sélection des personnes soumises à ces contrôles aléatoires, en se basant uniquement ou principalement sur leur origine ethnique ou leur « couleur de peau » perçue. »
www.institut-fuer-menschenrechte.de


Pro Asyl déclare :
« Le profilage racial est une stigmatisation raciste cautionnée par l’État. Les policiers qui contrôlent et fouillent des personnes uniquement en fonction de leur couleur de peau sous-entendent que les personnes à la peau foncée sont des criminels potentiels », explique Bernd Mesovic, conseiller juridique de Pro Asyl. « Non seulement ils alimentent les préjugés racistes au sein de la population, qui assiste quotidiennement à ces contrôles, mais surtout, ils font comprendre aux personnes concernées que l’État allemand les considère comme suspectes simplement à cause de leur couleur de peau. Pour elles, il s’agit d’une discrimination, d’une souffrance et d’un facteur d’exclusion. Par le profilage racial, les policiers allemands deviennent des obstacles à l’intégration. »
http://www.proasyl.de


Conseil des réfugiés de Basse-Saxe :

Les contrôles ciblés de personnes en fonction de leur couleur de peau dans les gares ou les lieux publics sont critiqués depuis des années par les réfugiés et constituent une forme de discrimination raciste qu’il faut combattre et prévenir. À ce jour, la police et les gardes-frontières fédéraux ont, à notre connaissance, nié ces contrôles ciblés fondés sur des critères ethniques, en invoquant des justifications fallacieuses et souvent peu convaincantes. Le fait que de telles méthodes de « profilage racial » soient non seulement admises publiquement par des policiers en Allemagne, mais également légitimées par les tribunaux administratifs, représente un nouveau degré de stigmatisation des personnes noires.
www.nds-fluerat.org
 

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